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Ressources naturelles : Un nouvel inventaire forestier pour mieux connaître et préserver un patrimoine

Plus de vingt ans après le dernier recensement national de ses ressources forestières, le Cameroun s’engage dans une nouvelle phase de connaissance et de gestion de son patrimoine naturel. Réunis à Ebolowa du 1er au 3 juillet 2026, les acteurs du secteur forestier examinent la méthodologie du futur Inventaire Forestier National Multi-Ressource, un outil appelé à devenir un levier majeur de gouvernance, de préservation de la biodiversité et de développement économique.

Les forêts camerounaises figurent parmi les plus importantes du Bassin du Congo. Elles couvrent une part considérable du territoire national et assurent des fonctions multiples, allant de la régulation du climat à la préservation de la biodiversité, en passant par l’approvisionnement en ressources ligneuses et non ligneuses indispensables aux populations. Cependant, ces écosystèmes sont soumis à des pressions croissantes. L’expansion agricole, particulièrement sous la forme de petites exploitations extensives, demeure le principal facteur de déforestation. À cela s’ajoutent l’augmentation des besoins en infrastructures, l’urbanisation et la croissance démographique, qui accentuent la pression sur les terres forestières. Dans ce contexte, les données disponibles sur les ressources forestières apparaissent aujourd’hui largement dépassées. La dernière opération d’inventaire de grande ampleur remonte à 2003-2004. Plus de deux décennies plus tard, les transformations observées sur le terrain rendent indispensable une actualisation des connaissances.

L’Inventaire Forestier National Multi-Ressource vise à établir une base de données complète sur les forêts camerounaises et leurs multiples composantes. Au-delà de la seule ressource en bois, l’exercice prendra en compte la biodiversité, l’utilisation des terres, les ressources en eau ainsi que les dimensions sociales et économiques liées aux écosystèmes forestiers. L’enjeu est avant tout stratégique. Des données fiables permettront aux pouvoirs publics de mieux planifier l’aménagement du territoire, d’évaluer l’efficacité des politiques environnementales et d’orienter les décisions en matière de gestion des ressources naturelles. L’inventaire constituera également un instrument de suivi des engagements internationaux du Cameroun dans les domaines du climat, de la lutte contre la déforestation et de la conservation de la biodiversité.

Au-delà de sa dimension écologique, la forêt représente un actif économique majeur pour le Cameroun. Le secteur forestier contribue aux recettes d’exportation, alimente les revenus fiscaux de l’État et génère de nombreux emplois formels et informels tout au long de ses différentes chaînes de valeur. L’actualisation des données forestières apparaît ainsi comme un préalable à une meilleure valorisation économique des ressources disponibles. Une connaissance précise du potentiel forestier pourrait favoriser l’émergence de nouveaux investissements, améliorer la gestion durable des concessions et renforcer la transformation locale des produits forestiers.

Cette démarche s’inscrit d’ailleurs dans les orientations de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, qui accorde une place importante à la valorisation durable des ressources forestières et à leur contribution à la croissance économique. D’un point de vue macroéconomique, la maîtrise de l’information forestière constitue également un facteur d’attractivité. Les partenaires techniques et financiers accordent de plus en plus d’importance à la disponibilité de données fiables pour accompagner les programmes de conservation, de réduction des émissions liées à la déforestation et de financement de l’économie verte.

L’atelier organisé à Ebolowa réunit administrations publiques, chercheurs, partenaires au développement et organisations de la société civile autour d’un objectif commun : définir une méthodologie consensuelle pour la conduite du futur inventaire. Les participants sont appelés à examiner les principes techniques proposés, à enrichir l’approche méthodologique et à identifier les ajustements nécessaires concernant le calendrier, le budget et l’organisation opérationnelle du projet. Cette démarche participative traduit la volonté des autorités de favoriser l’appropriation de l’exercice par l’ensemble des acteurs concernés et de garantir la crédibilité scientifique des résultats futurs.

Le développement de la méthodologie du troisième Inventaire Forestier National s’inscrit dans le cadre du Projet de Renforcement des Capacités en matière d’Aménagement du Territoire, l’un des programmes issus du partenariat conclu en octobre 2024 entre le Cameroun et la Central African Forest Initiative (CAFI). Mis en œuvre avec l’appui de la coopération allemande, ce partenariat poursuit un objectif plus large : concilier développement économique, gouvernance territoriale et préservation des ressources naturelles.

À travers ce nouvel inventaire, le Cameroun ne cherche pas uniquement à dresser un état des lieux de ses forêts. Il pose également les fondations d’une gestion plus moderne de son patrimoine naturel, considérant désormais la forêt non seulement comme une richesse écologique à protéger, mais aussi comme un capital stratégique dont la connaissance constitue une condition essentielle du développement durable.

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