A la UneAgribusiness

Filière cacao : Au Cameroun, le cacao termine la campagne sur un record de 2 600 FCFA le kilogramme, malgré un marché mondial moins favorable

À quelques jours de la clôture de la campagne cacaoyère 2025-2026, le prix des fèves atteint jusqu’à 2 600 FCFA le kilogramme dans plusieurs bassins de production camerounais. Ce niveau, inédit pour cette saison, traduit une amélioration des revenus des producteurs en fin de campagne. Toutefois, il demeure largement inférieur aux sommets historiques enregistrés lors des deux campagnes précédentes, conséquence d’un environnement international redevenu plus équilibré.

Le marché camerounais du cacao clôture la campagne 2025-2026 sur une note encourageante. Selon les dernières observations du Système d’information des filières (SIF) de l’Office national du cacao et du café (ONCC), le kilogramme de fèves se négocie désormais entre 2 500 et 2 600 FCFA dans plusieurs zones de production. Cette progression intervient à l’approche de la fermeture officielle de la campagne, prévue le 15 juillet 2026. Depuis plusieurs semaines, les prix affichent une tendance haussière continue, permettant aux producteurs de bénéficier d’une meilleure rémunération après plusieurs mois d’évolution relativement modérée. Le franchissement du seuil des 2 000 FCFA, intervenu seulement dans la deuxième moitié de juin, a constitué un tournant pour une campagne qui avait démarré sans véritable envolée des prix.

Malgré ce record pour la campagne en cours, les niveaux observés restent bien en dessous des performances des deux précédents exercices. Les campagnes 2023-2024 et 2024-2025 avaient été marquées par une flambée historique des cours, avec des prix culminant respectivement autour de 6 000 FCFA et 5 400 FCFA le kilogramme dans certains bassins de production. Ces références avaient nourri de fortes attentes au lancement de la campagne 2025-2026. Les autorités anticipaient alors des prix oscillant entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme. Les réalités du marché international en ont toutefois décidé autrement.

L’évolution des prix s’explique principalement par la transformation du contexte mondial. Après deux campagnes caractérisées par des déficits de production dans plusieurs grands pays producteurs, le marché international s’oriente désormais vers un excédent d’offre. Cette amélioration de la disponibilité des fèves, combinée à un ralentissement de la demande des industries chocolatières sur certains marchés de consommation, a progressivement détendu les cours internationaux. Les prix payés aux producteurs camerounais, fortement influencés par ces tendances mondiales, ont logiquement suivi cette orientation.

Pour l’économie camerounaise, cette évolution rappelle la forte dépendance de la filière aux fluctuations des marchés internationaux. Si le niveau actuel demeure historiquement élevé comparé aux campagnes d’il y a quelques années, il souligne aussi la nécessité d’accélérer la transformation locale du cacao. En développant davantage l’industrie de broyage et de fabrication de produits finis, le pays pourrait créer davantage de valeur ajoutée, réduire son exposition aux cycles des matières premières et offrir des revenus plus stables aux producteurs.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 - 1 = ?
Recharger

Veuillez saisir les caractères affichés dans le CAPTCHA pour vérifier que vous êtes humain.

Bouton retour en haut de la page