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Financement du développement : Au Cameroun, moins d’un cinquième des financements de la Banque mondiale ont été décaissés à fin juin 2026

Malgré un portefeuille qui atteint près de 2 700 milliards de FCFA, la mise en œuvre des projets financés par la Banque mondiale au Cameroun progresse à un rythme modéré. À fin juin 2026, le taux global de décaissement ne dépasse pas 18,7%, révélant les difficultés persistantes de transformation des engagements financiers en investissements effectifs, dans un contexte où les besoins en infrastructures et en services publics restent considérables.

Le volume des ressources mobilisées par la Banque mondiale en faveur du Cameroun continue de croître, mais leur consommation demeure relativement faible. Au 30 juin 2026, les 21 projets soutenus par l’institution multilatérale affichaient un taux moyen de décaissement de 18,7%. Les programmes exclusivement nationaux présentent un niveau d’exécution financière légèrement supérieur, avec 20,3%, contre 17,2% pour les projets régionaux auxquels participe le pays. Ce contraste souligne que l’enjeu principal n’est plus seulement la mobilisation des financements extérieurs, mais surtout leur conversion rapide en réalisations concrètes. Dans une économie confrontée à d’importants besoins d’investissements publics, la vitesse d’exécution devient un indicateur aussi stratégique que le volume des ressources obtenues.

Parmi les 21 opérations financées, cinq seulement dépassent un taux de décaissement de 50%. Il s’agit notamment du Projet de relance et de développement de la région du lac Tchad (Prolac), dont les ressources ont été totalement consommées, ainsi que du Programme d’urgence de lutte contre la crise alimentaire (Pulcca), qui atteint 99%. Le Projet de développement du secteur des transports (PDST), le Projet d’amélioration des résultats de l’éducation (Parec) et le Programme régional de résilience des transports (PRRTERS) enregistrent également des niveaux d’exécution relativement élevés. Cette performance s’explique en grande partie par leur ancienneté, plusieurs de ces projets arrivant à leur terme.

À l’opposé, la plupart des projets restent dans une phase intermédiaire. Plusieurs affichent des taux compris entre 20% et 50%, traduisant une exécution progressive mais encore incomplète. Les projets consacrés à l’agriculture, à l’éducation, à la résilience climatique ou encore au développement territorial évoluent ainsi à un rythme modéré. Les performances les plus faibles concernent essentiellement des projets récemment lancés ou toujours en phase préparatoire. C’est notamment le cas des initiatives dédiées à l’eau potable, au développement des villes durables ou à la mobilité urbaine, dont certaines n’ont consommé qu’une fraction infime des financements disponibles. Le Projet de mobilité urbaine de Douala, pourtant doté d’une enveloppe de plus de 261 milliards de FCFA, affiche ainsi un taux de décaissement inférieur à 1%.

Ces faibles niveaux de décaissement ne traduisent pas nécessairement une insuffisance de financement. Ils reflètent souvent les contraintes qui ralentissent l’exécution des projets publics. Les procédures de passation des marchés, les délais liés à l’entrée en vigueur des conventions de financement, les questions foncières, les plans de réinstallation des populations affectées ou encore les capacités opérationnelles des unités de gestion figurent parmi les principaux facteurs de retard. À cela s’ajoutent les exigences de conformité propres aux bailleurs internationaux, qui allongent parfois les délais avant le démarrage effectif des travaux. Lorsque ces difficultés persistent, la Banque mondiale peut procéder, en concertation avec les autorités camerounaises, à une restructuration des projets, à une réaffectation des ressources ou à une révision des priorités d’investissement afin d’améliorer les performances du portefeuille.

La question de l’absorption des financements revêt aujourd’hui une importance stratégique. Depuis avril 2023, le portefeuille de la Banque mondiale au Cameroun s’est renforcé de 826 millions de dollars supplémentaires, portant les engagements totaux à 4,5 milliards de dollars, soit près de 2 700 milliards de FCFA. Près de la moitié de ces ressources est destinée aux secteurs de l’énergie et des transports, considérés comme des leviers essentiels pour améliorer la compétitivité de l’économie, réduire les coûts logistiques et renforcer l’accès des populations aux services publics.

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