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Développement durable : Le Cameroun investit 14,5 milliards FCFA pour restaurer les écosystèmes et stimuler l’économie verte locale

Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de lutte contre la dégradation des terres. Avec l’appui du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), un programme de plus de 14,5 milliards de FCFA prévoit la restauration de 10 000 hectares d’écosystèmes dans les régions du Centre et de l’Ouest. Au-delà de la protection de la biodiversité, cette initiative ambitionne de créer des revenus durables pour les communautés locales tout en renforçant la résilience climatique du pays.

Le gouvernement camerounais mise sur deux paysages particulièrement fragilisés par les activités humaines. Les Hautes terres de l’Ouest, connues pour leurs forêts de montagne et leur richesse biologique, subissent depuis plusieurs années une forte réduction de leur couvert forestier sous l’effet de l’expansion agricole, de l’exploitation du bois et de l’urbanisation. Le second site retenu est le paysage de Mpem-Djim, dans la région du Centre, où la préservation du parc national se heurte à une pression croissante liée à l’agriculture, au pastoralisme et aux conflits entre les populations riveraines et la faune sauvage. Ces espaces constituent des réservoirs essentiels de biodiversité dont la conservation représente un enjeu aussi bien écologique qu’économique.

Prévu sur une période de trois ans, le projet ambitionne de restaurer 10 000 hectares de terres dégradées tout en améliorant les pratiques de gestion durable sur près de 100 000 hectares. Les projections tablent également sur une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre sur les deux prochaines décennies. Contrairement aux politiques de conservation traditionnellement centrées sur les restrictions d’accès aux ressources naturelles, le programme privilégie une gouvernance participative. Les communautés locales seront impliquées dans les décisions relatives à la gestion des espaces naturels afin de favoriser une meilleure conciliation entre protection des écosystèmes et développement économique. Cette orientation devrait profiter directement à environ 5 000 personnes, avec une attention particulière portée aux femmes et aux communautés autochtones, souvent peu intégrées aux mécanismes classiques de gestion environnementale.

Le projet prévoit également le développement d’activités génératrices de revenus fondées sur l’exploitation durable des ressources naturelles. L’agroforesterie, l’apiculture ou encore l’écotourisme figurent parmi les filières identifiées pour diversifier les revenus des populations tout en limitant la pression sur les forêts. Cette stratégie s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de faire de l’économie verte un levier de croissance inclusive. En valorisant les services écosystémiques et les productions respectueuses de l’environnement, le Cameroun cherche à créer de nouvelles opportunités économiques dans des zones rurales où les alternatives restent limitées.

Au-delà de l’enveloppe financière mobilisée, le succès du programme dépendra principalement de la qualité de sa mise en œuvre. La restauration des paysages exige une coordination étroite entre les administrations, les collectivités territoriales, les autorités traditionnelles, les gestionnaires des aires protégées et les communautés riveraines. Les enjeux fonciers, les conflits d’usage des terres et la participation effective des populations constitueront des indicateurs essentiels de réussite. Sans une gouvernance locale solide, les investissements risquent de produire des effets limités sur le long terme.

Sur le plan économique, ce projet pourrait néanmoins constituer un laboratoire de la transition écologique au Cameroun. S’il atteint ses objectifs, il démontrera que la préservation du capital naturel peut devenir un facteur de création de valeur, d’emplois ruraux et d’amélioration des conditions de vie, tout en renforçant les engagements du pays face aux changements climatiques. Il pourrait ainsi servir de modèle pour d’autres territoires confrontés à la déforestation et à la dégradation accélérée des ressources naturelles.

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