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Marché financier : La BEAC soutient quatre entreprises de la Cemac pour accélérer leur entrée à la BVMAC

La Banque des États de l'Afrique centrale engage une nouvelle étape dans sa stratégie de dynamisation du marché financier régional. Quatre entreprises, dont la Cameroon Hotels Corporation (CHC), bénéficieront d'un appui financier destiné à alléger une partie des coûts liés à leur introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC). Une initiative qui traduit la volonté des autorités monétaires et de leurs partenaires de lever les obstacles freinant encore le développement du marché des actions dans la sous-région.

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a retenu quatre entreprises de la Cemac dans le cadre du Projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale (Pamfuac). L’enveloppe globale mobilisée atteint 223 780 dollars, soit environ 143 millions de FCFA, et servira à financer une partie des dépenses préparatoires à une introduction en Bourse. Le Cameroun est représenté par la Cameroon Hotels Corporation (CHC), tandis que le Gabon compte trois bénéficiaires : Samba’A Assurances, Gabon Power Company et Façade Maritime Champ Triomphal. Le financement provient de la Banque africaine de développement (BAD), à travers le Fonds d’aide au secteur privé africain. L’aide ne constitue toutefois pas un financement intégral du processus. Elle couvre principalement les frais réglementaires liés au visa de la Cosumaf, les commissions d’admission facturées par la BVMAC ainsi qu’une partie des prestations juridiques et comptables nécessaires à l’élaboration du document d’information destiné aux investisseurs.

La désignation des quatre sociétés ne signifie pas qu’elles intégreront automatiquement la cote de la BVMAC. Les entreprises disposent de 60 jours pour confirmer leur engagement. En cas de désistement, elles perdront le bénéfice de cet accompagnement. Surtout, plusieurs étapes restent à franchir. Les dossiers devront satisfaire aux exigences réglementaires de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), avant une éventuelle opération d’appel public à l’épargne. Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure que les titres pourront être admis à la négociation. Cette prudence illustre la complexité des introductions en Bourse dans la région, où les exigences en matière de gouvernance, de transparence financière et de communication avec les investisseurs demeurent élevées.

Pour Cameroon Hotels Corporation, cette sélection représente un nouvel avancement dans un projet évoqué depuis plusieurs années. L’entreprise publique, qui gère des infrastructures hôtelières appartenant à l’État camerounais, pourrait devenir l’une des prochaines sociétés camerounaises cotées si toutes les conditions réglementaires sont réunies. Au-delà de la réduction des coûts de préparation, une cotation permettrait potentiellement à CHC de diversifier ses sources de financement, d’améliorer sa gouvernance grâce aux exigences du marché et d’accroître la transparence de sa gestion, des éléments régulièrement recherchés par les investisseurs institutionnels.

L’initiative de la BEAC intervient après l’échec d’un premier appel à manifestation d’intérêt lancé en 2025, qui n’avait pas suscité suffisamment de candidatures. Ce nouveau succès, même limité à quatre entreprises, traduit un regain d’intérêt pour le financement par le marché. Sur le plan économique, le développement du compartiment actions de la BVMAC constitue un enjeu majeur pour la Cemac. Les économies de la sous-région demeurent largement dépendantes du crédit bancaire, alors que les marchés financiers offrent des ressources de long terme mieux adaptées au financement des investissements structurants.

L’arrivée de nouvelles entreprises, notamment publiques et parapubliques, pourrait améliorer la liquidité du marché, attirer davantage d’investisseurs régionaux et internationaux et contribuer à renforcer l’intégration financière en Afrique centrale. Pour les autorités monétaires, l’objectif dépasse le simple nombre de sociétés cotées : il s’agit de faire de la BVMAC un véritable levier de mobilisation de l’épargne régionale au service de la croissance économique.

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