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Boucle de la Lékié : Malgré plus de 4 milliards de FCFA décaissés en 2026, le chantier glisse encore jusqu’en novembre

Prévue initialement pour décembre 2024, puis repoussée à fin 2025, la livraison de la Boucle de la Lékié est désormais attendue en novembre 2026. Si les retards de paiement de l’État ont pesé sur l’exécution du projet, le ministère des Travaux publics estime que la principale difficulté réside dans la faible mobilisation de l’entreprise égyptienne Arab Contractors. À quatre mois de la nouvelle échéance, un peu plus de la moitié des travaux seulement est achevée.

La Boucle de la Lékié continue d’illustrer les difficultés auxquelles sont confrontés plusieurs grands chantiers routiers au Cameroun. Selon les données actualisées du ministère des Travaux publics (Mintp), le taux d’exécution physique atteignait 57,03 % au 13 juillet 2026, alors que la mise en service est désormais programmée pour novembre prochain. Ce nouveau calendrier allonge de près de deux ans le délai initialement fixé à décembre 2024. Le report précédent, qui visait une livraison en décembre 2025, n’a donc pas permis de résorber les retards enregistrés sur le terrain.

Le Mintp reconnaît que les délais de règlement des décomptes ont affecté le rythme des travaux. Les factures validées mais non encore payées représentent encore 519,45 millions de FCFA. Toutefois, l’administration estime que cette situation n’explique qu’en partie les contre-performances observées. Elle souligne qu’entre le 30 janvier et le 24 avril 2026, l’entreprise Arab Contractors a déjà perçu 4,204 milliards de FCFA, réduisant considérablement les créances en attente. Pour le maître d’ouvrage, le véritable frein demeure la faiblesse des ressources humaines et matérielles mobilisées sur le chantier. Le ministère reproche notamment à l’entreprise un nombre insuffisant d’équipes, d’engins et d’équipements, ainsi qu’une organisation qui ne permet pas d’accélérer les différentes phases du projet.

L’état d’avancement révèle que plusieurs composantes structurantes restent incomplètes. Sur les 81,5 kilomètres prévus, la couche de base a été réalisée sur 43,4 kilomètres seulement. La couche de roulement, qui constitue la finition de la chaussée, couvre environ 30,7 kilomètres entre Zamengoué, Ekékam et Evodoula. Les ouvrages hydrauliques progressent également à un rythme modéré. Sur les 115 dalots programmés, 62 sont achevés, tandis que les caniveaux et fossés totalisent moins de 40 % d’exécution. Le principal point d’inquiétude concerne toutefois le pont sur la rivière Ngobo, dont les travaux n’ont toujours pas démarré. Cet ouvrage est pourtant indispensable à la continuité de l’itinéraire et figure désormais parmi les priorités imposées à l’entreprise.

Au-delà des aspects techniques, les retards prolongent les coûts économiques supportés par les populations et les opérateurs. La Boucle de la Lékié doit fluidifier les déplacements entre plusieurs localités agricoles et améliorer l’évacuation des productions vers Yaoundé et les principaux marchés de consommation. Chaque mois de retard maintient des coûts de transport élevés, augmente les dépenses d’entretien des véhicules et limite la compétitivité des exploitations agricoles de cette zone reconnue pour ses productions vivrières. Ces reports interviennent également dans un contexte où l’État cherche à améliorer le taux d’exécution de son budget d’investissement public. Les difficultés de trésorerie, combinées aux insuffisances organisationnelles de certaines entreprises adjudicataires, continuent de ralentir la concrétisation des infrastructures pourtant essentielles à la croissance.

Pour respecter l’objectif de novembre 2026, Arab Contractors devra accélérer significativement le rythme des travaux. Le ministère exige le renforcement immédiat des équipes, la mobilisation d’engins supplémentaires, l’achèvement des deux premières sections, le lancement du pont de Ngobo ainsi qu’une présence plus importante sur la troisième section longue de 28,5 kilomètres. Au regard du niveau actuel d’exécution et des ouvrages majeurs restant à construire, l’atteinte de cette nouvelle échéance dépendra autant de la poursuite des paiements par l’État que de la capacité de l’entreprise à revoir en profondeur son organisation opérationnelle afin d’augmenter sensiblement sa cadence d’intervention.

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