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Secteur électrique : La Socadel met les banques locales à contribution pour restructurer 200 milliards de FCFA de dettes

La Société camerounaise d’électricité (Socadel) a confié à General Bank of Cameroon, Afriland First Bank et BGFIBank Cameroun la mission d’organiser la mobilisation de 200 milliards de FCFA. Cette enveloppe, qui reste à lever, doit à la fois soulager la trésorerie de l’entreprise et réaménager une partie de ses engagements financiers. Avec un précédent mandat de 60 milliards de FCFA signé en juillet, l’électricien public porte désormais à 260 milliards de FCFA.

La Socadel poursuit sa stratégie de remise en ordre financière. Le 31 août 2026 à Yaoundé, l’entreprise publique a signé un mandat avec General Bank of Cameroon (GBC), Afriland First Bank et BGFIBank Cameroun afin de structurer et syndiquer deux financements représentant, à terme, 200 milliards de FCFA. Dans cette opération, General Bank of Cameroon occupe la position centrale d’arrangeur et de chef de file, tandis qu’Afriland First Bank et BGFIBank Cameroun interviennent comme co-arrangeurs.

Leur mission consiste désormais à concevoir l’architecture financière de l’opération et à réunir les établissements susceptibles d’y participer. Le montant annoncé ne doit toutefois pas être assimilé à un crédit déjà obtenu. La Socadel souligne que la signature du mandat constitue le point de départ du processus. Les fonds ne pourront être effectivement décaissés qu’après l’obtention des accords de crédit, la conclusion de la documentation contractuelle et la levée des différentes conditions attachées à ce type de financement.

50 milliards pour respirer, 150 milliards pour réorganiser la dette

Le dispositif envisagé repose sur deux instruments aux fonctions distinctes. Le premier est une ligne de crédit renouvelable de 50 milliards de FCFA, destinée à répondre aux besoins immédiats de trésorerie et à maintenir un niveau de liquidité suffisant pour assurer le fonctionnement courant de l’entreprise. Le second pilier, beaucoup plus important, porte sur 150 milliards de FCFA de financement à moyen terme. Son objectif est de remplacer une partie des dettes bancaires et commerciales existantes par des engagements remboursables sur des échéances plus longues. Pour les analystes du secteur financier, l’opération traduit moins un besoin de nouveaux investissements qu’une recherche de rééquilibrage du bilan.

En transformant des obligations de court terme en dette à maturité plus longue, la Socadel cherche à réduire la pression des remboursements immédiats sur ses disponibilités. Cette restructuration pourrait améliorer sa capacité à honorer régulièrement ses paiements, à condition toutefois que les déséquilibres structurels à l’origine des tensions de trésorerie soient également corrigés. Le directeur général de la Socadel, Oumarou Hamandjoda, présente d’ailleurs cette démarche comme un instrument destiné à sécuriser les opérations et à améliorer le respect des engagements financiers de l’entreprise envers ses partenaires.

260 milliards de FCFA recherchés depuis juillet

Ce nouveau mandat vient s’ajouter à une première opération engagée au début du mois de juillet. Le 1er juillet 2026, la Socadel avait déjà chargé General Bank of Cameroon de rechercher 60 milliards de FCFA auprès du système bancaire local. Contrairement au nouveau financement, cette première enveloppe est orientée vers les investissements. Elle doit notamment soutenir des projets jugés prioritaires dans la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité. Les deux mandats dessinent ainsi une stratégie financière à double détente.

D’un côté, 200 milliards de FCFA doivent restaurer la capacité de paiement et réaménager le passif financier. De l’autre, 60 milliards sont recherchés pour financer des investissements. Au total, la Socadel vise donc 260 milliards de FCFA auprès du marché bancaire local. Mais ce montant demeure, pour l’heure, une cible de mobilisation plutôt qu’un financement sécurisé. Le succès de l’opération dépendra notamment de la capacité de l’entreprise à convaincre les banques de la solidité de son plan de redressement et de ses perspectives de génération de trésorerie.

Un enjeu qui concerne toute la chaîne électrique

La situation financière de la Socadel dépasse largement le périmètre de l’entreprise. L’opérateur occupe une position centrale dans la circulation des ressources financières du secteur électrique, puisqu’il collecte une grande partie des revenus et assure leur redistribution entre les différents intervenants. Lorsque sa trésorerie se tend, les retards de paiement peuvent se propager aux producteurs d’électricité, à la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) ainsi qu’aux fournisseurs.

Les tensions financières d’un seul acteur deviennent alors susceptibles d’alimenter une accumulation d’arriérés sur l’ensemble de la chaîne. C’est précisément sur ce point que se situe l’enjeu économique des 200 milliards de FCFA recherchés. Si les financements sont effectivement mobilisés et accompagnés d’une meilleure discipline financière, ils pourraient contribuer à restaurer la fluidité des paiements et à réduire les risques opérationnels dans le secteur.

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