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Bénin : La Banque mondiale positionne 150 millions de dollars pour la première phase d’un barrage de 128 MW à Dogo-Bis

Les autorités béninoises et la Banque mondiale ont signé le 17 juillet 2026 à Cotonou, un accord de financement de 150 millions de dollars pour engager la phase 1 du projet de construction d'un barrage hydroélectrique à Dogo-Bis. Attendue depuis quarante ans, l'infrastructure est considérée comme le premier grand barrage hydroélectrique du pays.

Le Bénin mise désormais sur la construction du barrage de Dogo-Bis pour réduire la dépendance du pays à l’électricité importée.  Pour atteindre cette ambition, la Banque mondiale va octroyer une enveloppe globale de 320 millions de dollars en faveur du Bénin, dont 170 millions pour un programme de nutrition. D’une capacité projetée de 128 mégawatts sur le fleuve Ouémé, la construction du barrage de Dogo-Bis permettra d’irriguer 17 500 hectares de terres agricoles et de réduire de 40 % les risques d’inondation dans le bassin, fait savoir la Banque mondiale.

Dans la répartition financière du projet, les 150 millions de dollars annoncés représentent la première tranche d’un programme estimé à 1,22 milliard de dollars (678 milliards de FCFA), dont 580 millions seront apportés par l’Association internationale de développement (IDA) et 640 millions par des privés et partenaires au développement. Une fois cette première tranche mobilisée, l’enveloppe sera dédiée non seulement au financement des travaux préparatoires, les études techniques. Mais aussi à la réinstallation et la restauration des moyens de subsistance des populations affectées, sans omettre la supervision du projet.

À en croire la fiche technique du projet, la phase préparatoire doit durer jusqu’en 2028. Celle-ci comprend l’aménagement de 152 kilomètres de pistes, l’électrification de 23 localités et l’indemnisation de 554 personnes affectées. Ensuite viendra la construction du barrage pour une mise en service envisagée à l’horizon 2032-2033, confie Édouard Dahomé, le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines.

Considérée comme élément d’un mix électrique qui associe solaire et éolien. La construction du barrage de Dogo-Bis viendra répondre à plusieurs défis. Au-delà de réduire l’importation électrique ( le Bénin importe la plus grande quantité de son électricité depuis le Nigeria). Le barrage en gestation va permettre au pays d’accroître ses capacités énergétiques, lesquelles ont déjà été  renforcées ces dernières années avec la mise en service en 2019 de la centrale thermique de Maria-Gléta 2 (127 MW) et le développement d’installations solaires.

À titre indicatif, l’idée d’un barrage sur l’Ouémé remonte à 2015. C’était sous le magistère de l’ancien Président Boni Yayi. Ce dernier avait à l’époque, signé un protocole avec le groupe chinois Sinohydro, qui malheureusement était resté sans suite. Désormais à la tête du pays, l’actuel Chef de l’Etat, Romuald Wadagni a inscrit la construction d’un barrage à Dogo-Bis, au cœur de ses priorités. Un projet que la directrice générale des opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde, rattache à Mission 300. Une initiative de l’institution de Bretton Woods qui vise à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.

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