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Croissance : Afreximbank table sur le chiffre de 4,3 % pour l’économie africaine en 2026

Portée par la demande intérieure, la progression des services et un regain des investissements dans les infrastructures. Le continent africain devrait poursuivre une croissance soutenue en 2026 révèle le dernier rapport d’Afreximbank. Mais derrière cette prévision, un élément essentiel demeure : l’Afrique doit transformer sa croissance encore trop dépendante des matières premières en levier de développement.

L’Afrique affiche une résilience économique inattendue indique le rapport African Trade and Economic Outlook 2026 / Moving Up The Ladder : Capturing More Value from Africa’s Commodities publié le 30 Mars 2026 par la banque africaine d’impôt-export. Selon le document, de nombreux signaux sont au vert.  « Après une croissance de 3,4 % en 2024, l’économie africaine a ainsi accéléré à 4,2 % en 2025 et devrait même atteindre 4,3 % en 2026, portée par la demande intérieure, la progression des services et un regain des investissements dans les infrastructures », précise la source. Loin de la croissance, l’inflation, bien qu’importante, a amorcé une décrue notable, passant de 16,3 % en 2025 à 9,2 % attendus en 2026, tandis que le niveau moyen de la dette publique devrait refluer à 63,5 % du PIB (contre 65,3 % en 2025).

Si les chiffres inspirent une certaine confiance, une réalité plus structurelle s’impose : « L’Afrique reste fortement dépendante de son environnement externe, et donc vulnérable aux chocs globaux », soulignent les auteurs du rapport. Lesquelles rappellent au passage que « la dépendance excessive du continent aux matières premières, l’expose à une forte volatilité des prix ».

À l’analyse des exportations de certaines régions, notamment celles d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest, un constat se veut palpable, ces dernières demeurent extrêmement concentrées sur quelques produits (hydrocarbures, matières premières agricoles), ce qui accentuent la fragilité de ces zones aux chocs extérieurs.

La question de la transformation industrielle

Le rapport d’Afreximbank met en lumière une autre réalité. Ses équipes relèvent que « l’Afrique exporte 433,8 milliards de dollars de moins que son potentiel ne le permettrait ». À en croire la même source, un faible niveau de transformation locale freine l’intégration de l’Afrique aux chaînes de valeur mondiales. Un déficit qui concerne principalement des secteurs à forte valeur ajoutée comme l’industrie, la chimie, l’agro-transformation ou la technologie.

Alors que les gains potentiels sont jugés considérables, Afreximbank estime par exemple que les agro-industriels africains pourraient augmenter leurs revenus à l’export de plus de 42 %, tandis qu’une transformation accrue des minerais se traduirait par 120 milliards de dollars d’exportations supplémentaires. Autrement dit, l’Afrique continue d’exporter des ressources brutes plutôt que des produits transformés ; un modèle qui, à long terme, contraint sa trajectoire de développement.

 La ZLECAf, l’opportunité du siècle pour l’Afrique

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue à ce jour, un levier stratégique majeur. Fort de plus 1,2 milliards de consommateurs, ce marché commun africain lancé en juillet 2019 bénéficie désormais du soutien de la quasi-totalité des pays africains, même si sa mise en œuvre concrète progresse lentement. Dans un contexte où le commerce intra-africain ne représente jusqu’ici que 18 % des échanges commerciaux du continent, soit l’équivalent de 230 milliards de dollars. « La ZLE CAF représente bien plus qu’un simple accord commercial, […] elle consolide la position de l’Afrique dans les négociations internationales », insistent les analystes d’Afreximbank. L’objectif premier étant de réduire la dépendance aux marchés extérieurs et structurer des chaînes de valeur régionales.

Capter plus de valeur selon Yemi Kale

Une lecture finale du rapport African Trade and Economic Outlook 2026 démontre que tout converge vers un enjeu central : la capacité du continent à transformer ses ressources primaires en produits à plus forte valeur ajoutée. Pour Yemi Kale, économiste en chef d’Afreximbank, « La trajectoire de l’Afrique au cours de la prochaine décennie dépendra moins de la volatilité de l’environnement extérieur que de la capacité du continent à s’adapter à la transformation en cours du système mondial –et à en tirer parti de manière stratégique ».

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