Douanes camerounaises : La chute des taxes à l’exportation freine les recettes au premier trimestre
Malgré une progression des recettes liées aux importations, les performances de la Direction générale des douanes sont restées en deçà des attentes au premier trimestre 2026. La forte contraction des droits de sortie a pesé sur les encaissements de l’État, révélant la dépendance des recettes douanières à l’évolution des exportations et aux fluctuations du commerce extérieur.

Les recettes mobilisées par la Direction générale des douanes (DGD) au cours des trois premiers mois de 2026 ont atteint 260,9 milliards de FCFA, selon les données du Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029. Ce niveau de collecte reste inférieur aux ambitions du gouvernement, qui tablait sur 292,4 milliards de FCFA pour cette période. Le déficit de 31,5 milliards de FCFA correspond à un taux de réalisation de 89,2 %. Par rapport au premier trimestre 2025, les encaissements enregistrent également un léger repli de 1,7 %, traduisant un début d’exercice budgétaire moins favorable pour l’administration douanière.
L’essentiel de cette contre-performance provient des taxes perçues sur les exportations. Les droits de sortie n’ont généré que 15,2 milliards de FCFA, soit près de deux fois moins que les prévisions gouvernementales. En un an, ces recettes ont diminué de près de 48 %, effaçant à elles seules une large partie des gains enregistrés sur les autres catégories de prélèvements. Cette évolution peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Une baisse de la valeur des marchandises exportées, une modification de la composition des produits soumis à taxation ou encore un décalage dans les procédures de dédouanement peuvent avoir réduit les montants effectivement recouvrés au cours du trimestre.
À l’inverse, la fiscalité appliquée aux importations a affiché une meilleure dynamique. Les droits de douane ont progressé de 8,6 % sur un an pour atteindre 102,7 milliards de FCFA, tandis que la TVA à l’importation s’est établie à 119,1 milliards, en hausse de 5,8 %. Même si ces deux postes restent légèrement en dessous des objectifs fixés, ils ont généré ensemble 14,6 milliards de FCFA supplémentaires par rapport au premier trimestre 2025. Cette progression traduit une certaine résilience des importations, soutenue par la demande intérieure et le maintien des flux commerciaux. Elle confirme également que les recettes douanières demeurent largement dépendantes des échanges à l’importation, qui constituent leur principale source de financement.
Les droits d’accises ont, eux aussi, évolué en sens inverse, avec une baisse de 16,3 % en un an. Leur rendement, limité à 13,9 milliards de FCFA, est resté nettement inférieur aux prévisions officielles. Au-delà des chiffres, ces résultats illustrent la vulnérabilité des finances publiques face aux variations du commerce extérieur. Si la bonne tenue des importations a permis d’atténuer les effets de la baisse des recettes à l’exportation, elle n’a pas suffi à compenser entièrement le manque à gagner. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu sera désormais de renforcer la sécurisation des recettes douanières tout en améliorant la diversification des sources de revenus budgétaires afin de réduire leur exposition aux aléas des marchés internationaux.



