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Industrie agroalimentaire : Sodecoton mise sur le mécanisme de refinancement de la Beac pour une nouvelle huilerie

La Société de développement du coton (Sodecoton) veut franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation industrielle avec la construction d’une huilerie moderne à Ngaoundéré. Pour financer ce projet évalué à 20 milliards de FCFA, Afriland First Bank a engagé des démarches auprès de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) afin de mobiliser les ressources du guichet spécial de refinancement dédié aux investissements productifs.

La Sodecoton prépare la réalisation d’une nouvelle unité industrielle dans la ville de Ngaoundéré, au cœur de la région de l’Adamaoua. Cette future huilerie, dont le coût est estimé à 20 milliards de FCFA, s’inscrit dans la politique de valorisation locale des productions agricoles et de renforcement de la chaîne de transformation du coton au Cameroun.

Pour concrétiser ce projet, l’entreprise agro-industrielle a sollicité un financement bancaire conduit par Afriland First Bank. Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, la banque camerounaise a entrepris des démarches auprès de la BEAC afin d’obtenir un refinancement dans le cadre de son mécanisme spécial destiné aux investissements productifs. Ce dispositif permet aux établissements financiers de bénéficier de ressources de la banque centrale afin de soutenir des projets jugés structurants pour l’économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Les règles qui encadrent le fonctionnement du guichet spécial de refinancement prévoient que la contribution de la banque centrale ne peut dépasser 60 % du coût total du projet financé. Dans le cas de l’huilerie de Ngaoundéré, le montant maximal susceptible d’être refinancé atteindrait ainsi 12 milliards de FCFA. Le reliquat devrait être assuré par les banques engagées dans l’opération ainsi que par les autres sources de financement mobilisées par la Sodecoton. Cette approche permet de réduire les risques supportés par les établissements de crédit tout en facilitant l’accès des entreprises à des financements de moyen terme, souvent difficiles à obtenir pour des investissements industriels d’envergure.

Bien que ce mécanisme existe depuis plusieurs décennies, il est resté relativement peu exploité dans la sous-région. Rebaptisé « guichet spécial de refinancement », l’ancien guichet B de la BEAC n’était connu que d’un nombre limité d’acteurs bancaires. Face à ce constat, la banque centrale a multiplié les actions de sensibilisation auprès des établissements financiers de la Cemac à partir de 2025. Ces initiatives ont permis de mieux faire connaître cet instrument conçu pour soutenir la production, l’industrialisation et la création de valeur locale. Selon les responsables de la BEAC, les banques ont progressivement commencé à intégrer ce levier dans leurs stratégies de financement des grands projets économiques.

Les résultats de cette campagne de promotion se sont rapidement traduits par plusieurs opérations de refinancement d’envergure. En 2025, la banque centrale a notamment validé le refinancement de crédits destinés à l’exploitation du gisement de fer de Bipindi-Grand-Zambi au Cameroun, ainsi qu’au programme d’investissements de l’opérateur public des télécommunications Camtel. La même année, CCA Bank a également obtenu l’autorisation de mobiliser des ressources auprès de la BEAC pour participer au financement d’un projet minier au Congo.

Au-delà de ces dossiers, l’institut d’émission affiche son ambition d’accompagner d’autres projets structurants dans la sous-région. Parmi eux figure la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara), dont les installations avaient été lourdement endommagées par l’incendie survenu en 2019. L’éventuelle participation de la BEAC au financement de la future huilerie de Ngaoundéré confirmerait ainsi la volonté croissante de la banque centrale de jouer un rôle plus actif dans le soutien aux investissements industriels et à la transformation économique des pays de la Cemac.

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