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Management des entreprises : La SNH et Schola Ingénierie plaident pour la fin du leadership à sens unique

Face à la complexification de l’environnement économique, les entreprises africaines sont confrontées à un défi de gouvernance souvent sous-estimé : l’effacement progressif de certains managers intermédiaires dans les processus de décision et d’exécution. Réunis à Kribi dans le cadre d’un séminaire consacré à l’ingénierie managériale et à la responsabilité sociétale des entreprises, la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et SCHOLA INGÉNIERIE ont lancé un appel à une mobilisation accrue des cadres intermédiaires, considérés comme des acteurs essentiels de la compétitivité des organisations.

Dans de nombreuses entreprises, la pression exercée sur les directions générales n’a jamais été aussi forte. Entre impératifs de rentabilité, adaptation aux mutations technologiques, gestion des ressources humaines et conduite du changement, les dirigeants se retrouvent souvent en première ligne sur tous les fronts. Cette concentration des responsabilités révèle cependant une fragilité organisationnelle grandissante : la difficulté pour certaines structures à mobiliser pleinement leurs niveaux intermédiaires de management. Or, ces cadres constituent traditionnellement le trait d’union entre la stratégie élaborée au sommet et son exécution sur le terrain. À Kribi, quelque 150 responsables de la SNH ont participé à une réflexion approfondie sur cette problématique. L’objectif était d’identifier les facteurs qui limitent l’engagement managérial et de promouvoir une culture de responsabilité partagée à tous les échelons de l’entreprise.

Au-delà des considérations organisationnelles, la question soulève un véritable défi économique. Lorsqu’une direction générale est contrainte d’intervenir constamment dans les arbitrages opérationnels, les délais de décision s’allongent, la réactivité diminue et les coûts de coordination augmentent.

Les spécialistes du management estiment que la performance durable repose sur la capacité d’une organisation à répartir efficacement les responsabilités. Une entreprise dont le fonctionnement dépend excessivement d’un nombre limité de décideurs devient plus vulnérable aux ralentissements, aux erreurs d’appréciation et aux difficultés de succession. Dans un contexte où les entreprises africaines doivent faire face à une concurrence internationale de plus en plus agressive, cette question devient stratégique. La rapidité d’exécution, l’innovation et la capacité d’adaptation sont désormais des facteurs de compétitivité aussi importants que les ressources financières ou les équipements.

Pour les promoteurs du séminaire, le rôle du manager intermédiaire ne peut plus se limiter à la transmission d’instructions administratives. Il doit devenir un véritable animateur de performance capable d’anticiper les problèmes, d’accompagner les équipes et de prendre des initiatives dans son périmètre de responsabilité.

Cette évolution implique également un changement culturel au sein des organisations. Le leadership moderne repose davantage sur la coopération, l’autonomie et la confiance que sur le contrôle systématique des opérations. Les travaux de Kribi ont ainsi mis en avant la nécessité de développer chez les cadres des compétences relationnelles et comportementales permettant de renforcer la cohésion des équipes et d’améliorer la circulation de l’information.

Parmi les outils présentés lors de la rencontre figure la méthode DISC, un modèle d’analyse comportementale largement utilisé dans les grandes organisations à travers le monde. Cette approche vise à mieux comprendre les profils individuels, à réduire les conflits liés aux incompréhensions et à adapter les modes de communication aux différents types de collaborateurs. Pour les entreprises, l’enjeu consiste à créer des environnements de travail plus fluides, capables de favoriser la coopération et la productivité.

Au moment où les entreprises publiques et privées sont engagées dans des processus de modernisation, le message porté à Kribi dépasse largement le cadre de la SNH. Il interpelle l’ensemble du tissu économique camerounais sur la nécessité de renforcer l’engagement des managers à tous les niveaux. L’équation est désormais claire : les organisations qui réussiront demain seront celles qui parviendront à transformer leurs cadres intermédiaires en véritables moteurs de création de valeur. Dans un environnement marqué par l’incertitude et la concurrence, la performance ne peut plus reposer uniquement sur la vision des dirigeants. Elle dépend avant tout de la capacité collective à faire vivre cette vision dans chaque service, chaque équipe et chaque niveau de responsabilité.

À travers sa participation annoncée à PROMOTE 2026, SCHOLA INGÉNIERIE entend poursuivre cette réflexion et contribuer à l’émergence d’un nouveau modèle de leadership africain fondé sur la responsabilisation, l’initiative et la performance durable.

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