Commerce extérieur : La chute des cours du cacao entraîne un recul marqué des exportations agricoles de la Cemac
Après plusieurs années marquées par des tensions sur l’offre mondiale et une envolée des prix, le marché du cacao amorce un retournement. Au premier trimestre 2026, cette évolution a lourdement pesé sur les performances des exportations agricoles des pays de la Cemac. Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la baisse des cours internationaux du cacao a largement contribué au recul des prix des produits agricoles exportés par la sous-région, révélant la forte dépendance de ses économies aux fluctuations des marchés mondiaux.
Les produits agricoles exportés par les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont enregistré une nette dégradation de leurs prix au cours des trois premiers mois de 2026. L’indice composite des cours des produits de base publié par la BEAC fait état d’une baisse de 21,8 % par rapport au trimestre précédent. Cette contre-performance intervient après une première contraction observée à la fin de l’année 2025, confirmant l’entrée de la sous-région dans une phase moins favorable du cycle des matières premières agricoles.
Au cœur de cette dégradation figure le cacao, produit stratégique pour plusieurs économies de la région, notamment le Cameroun. Les cours mondiaux de la fève ont chuté de près d’un quart en seulement trois mois, exerçant une pression considérable sur la valeur des exportations agricoles. Le café a également connu un fléchissement, mais dans des proportions beaucoup plus limitées. Cette différence souligne le poids déterminant du cacao dans la formation des revenus agricoles d’exportation de la Cemac.
Derrière cette correction des prix se dessine une transformation progressive de l’équilibre mondial du cacao. Après plusieurs campagnes marquées par des déficits d’offre et des tensions sur les stocks, les perspectives de production s’améliorent. Les prévisions internationales annoncent un retour à l’excédent grâce à une hausse de l’offre mondiale, portée notamment par l’expansion rapide des plantations en Équateur. Ce pays sud-américain pourrait d’ailleurs dépasser prochainement le Ghana et devenir le deuxième producteur mondial de cacao. Pour les marchés, l’anticipation d’une disponibilité plus importante du produit réduit les risques de pénurie et favorise mécaniquement une détente des prix.
Cette évolution rappelle la vulnérabilité persistante des économies d’Afrique centrale face aux variations des cours internationaux. Une baisse durable des prix agricoles pourrait affecter les recettes d’exportation, les revenus des producteurs ainsi que les rentrées fiscales des États. Dans ce contexte, les économistes soulignent la nécessité pour les pays de la Cemac d’accélérer la transformation locale des matières premières agricoles. La création de davantage de valeur ajoutée permettrait de réduire la dépendance aux fluctuations des marchés mondiaux et de renforcer la résilience des économies régionales face aux cycles des matières premières.



