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Secteur bancaire : Après plusieurs années de restructuration, l’État camerounais fixe de nouveaux objectifs à NFC Bank et UBC

Le gouvernement camerounais a franchi une nouvelle étape dans le redressement de deux établissements bancaires longtemps fragilisés. À travers la signature de contrats d’objectifs et de performance avec NFC Bank et UBC, l’État entend désormais transformer une opération de sauvetage financier en une dynamique durable de croissance, de rentabilité et de soutien à l’économie nationale.

Le 11 juin 2026 à Yaoundé, les autorités camerounaises ont officialisé la signature de contrats d’objectifs et de performance avec NFC Bank et Union Bank of Cameroon (UBC). Cet acte marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années pour restaurer la solidité de deux banques confrontées à de graves difficultés financières et de gouvernance. Selon le ministère des Finances, cette démarche traduit la volonté de l’État de préserver la stabilité du système bancaire national tout en protégeant les intérêts des déposants, des salariés et des acteurs économiques dépendant de ces établissements.

Au lieu d’opter pour une liquidation qui aurait pu provoquer des effets de contagion sur l’ensemble du secteur financier, les pouvoirs publics ont privilégié une stratégie de redressement fondée sur la recapitalisation, l’assainissement des bilans et la refonte de la gouvernance.

Les autorités mettent en avant plusieurs avancées obtenues grâce aux plans de restructuration élaborés avec l’appui des instances de régulation bancaire de la sous-région. Pour UBC, le retour à un fonctionnement institutionnel normal remonte à 2023 avec la reconstitution des organes de gouvernance. NFC Bank a quant à elle franchi une étape décisive en 2025 avec la levée de son administration provisoire et l’installation de nouveaux dirigeants. Ces évolutions témoignent d’une amélioration progressive de la situation financière des deux établissements, même si les défis liés à la rentabilité, à la qualité du portefeuille de crédits et à la compétitivité demeurent importants dans un environnement bancaire de plus en plus exigeant.

Au-delà du cas spécifique des deux banques, l’expérience camerounaise pourrait constituer un précédent dans la zone Cemac. Les restructurations bancaires aboutissant à un retour durable à la viabilité financière restent relativement rares dans la région. Dans de nombreux pays africains, les établissements en difficulté sont souvent absorbés, liquidés ou demeurent sous administration provisoire pendant de longues périodes. L’approche retenue par le Cameroun illustre une volonté de concilier discipline prudentielle, stabilité financière et préservation des intérêts économiques nationaux. Elle démontre également la capacité des autorités à coordonner l’action de plusieurs institutions, notamment le ministère des Finances, la BEAC et la COBAC.

L’impact de cette opération dépasse le seul cadre bancaire. NFC Bank et UBC disposent d’un maillage important dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, zones confrontées depuis plusieurs années à des défis sécuritaires et économiques. Le maintien de leurs activités a permis de préserver l’accès des populations aux services financiers essentiels : comptes bancaires, épargne, transferts d’argent et financement des petites entreprises. Une disparition de ces établissements aurait accentué les difficultés économiques dans ces territoires déjà fragilisés. Cette dimension sociale explique en partie l’implication directe de l’État dans le processus de redressement.

Les nouveaux contrats signés instaurent un mécanisme de suivi basé sur des indicateurs précis. Les engagements portent notamment sur la solidité financière, l’amélioration de la rentabilité, le développement des activités commerciales, la maîtrise des risques et le financement de l’économie. Des comités paritaires de suivi-évaluation seront chargés d’apprécier périodiquement les performances réalisées et de proposer des ajustements lorsque cela s’avérera nécessaire. Pour les autorités, l’objectif est désormais clair : faire de ces banques restructurées des acteurs pleinement compétitifs capables d’accompagner la transformation économique du pays. Après la phase de sauvetage, s’ouvre ainsi celle de la création de valeur et de la contribution au financement de la croissance.

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