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Banane : Le Cameroun consolide sa reprise et accroît ses ventes à l’international de près de 20 % à fin mai 2026

Portées par les performances des filiales de la Compagnie fruitière et par une meilleure résilience des plantations face aux contraintes climatiques, les exportations camerounaises de bananes ont franchi la barre des 106 000 tonnes au cours des cinq premiers mois de 2026. Cette progression confirme le redressement d’une filière stratégique pour les recettes en devises du pays et renforce la place du Cameroun sur le marché international.

La filière bananière camerounaise poursuit son ascension. Entre janvier et mai 2026, le pays a exporté 106 447 tonnes de bananes, contre 85 359 tonnes à la même période en 2025, soit une progression proche de 20 %. Cette performance intervient pourtant durant une période traditionnellement marquée par les effets de la saison sèche, qui réduit généralement les rendements agricoles. La hausse observée témoigne d’une capacité croissante des producteurs à limiter l’impact des aléas climatiques grâce à des investissements dans les infrastructures d’irrigation et dans la modernisation des exploitations. Cette évolution traduit également une meilleure maîtrise des cycles de production dans un contexte de changement climatique qui impose de nouvelles exigences aux acteurs agricoles.

L’essentiel de la croissance provient des deux filiales camerounaises du groupe français Compagnie fruitière. Leader du marché national, les Plantations du Haut Penja (PHP) ont considérablement renforcé leurs exportations, dépassant les 76 000 tonnes sur les cinq premiers mois de l’année. De son côté, la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM) affiche la progression la plus spectaculaire du secteur. L’entreprise enregistre une forte augmentation de ses volumes exportés, illustrant la montée en puissance de ses capacités de production et de son efficacité logistique. Cette dynamique confirme le poids déterminant des investisseurs privés dans le développement de la filière bananière camerounaise, qui demeure l’une des plus compétitives d’Afrique centrale.

La Cameroon Development Corporation (CDC), unique opérateur public de la filière, affiche également des résultats positifs. Bien que sa progression soit plus modérée que celle des producteurs privés, l’entreprise maintient une trajectoire de croissance. Cette évolution revêt une importance particulière au regard des difficultés rencontrées ces dernières années par la CDC, notamment dans les régions du Sud-Ouest affectées par les tensions sécuritaires. La reprise graduelle de ses activités contribue à renforcer l’offre nationale et à préserver des milliers d’emplois directs et indirects.

Au-delà des volumes exportés, la performance de la banane constitue un indicateur important de la santé économique du pays. La filière figure parmi les principaux pourvoyeurs de devises du Cameroun, aux côtés du cacao, du pétrole et du bois. L’augmentation des exportations intervient dans un contexte où plusieurs produits agricoles africains sont confrontés à la volatilité des marchés internationaux. En consolidant ses positions sur les marchés européens et régionaux, le Cameroun sécurise une source de revenus essentielle pour sa balance commerciale.

Les perspectives demeurent favorables pour le reste de l’année 2026. Si les conditions climatiques restent maîtrisées et que les investissements productifs se poursuivent, la filière bananière pourrait enregistrer l’une de ses meilleures performances de la décennie, renforçant ainsi son rôle dans la diversification des exportations et la croissance de l’économie camerounaise.

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