Port autonome de Douala : 10 ans d’investissements pour changer l’outil portuaire
Entre 2016 et 2026, le Port autonome de Douala (PAD) a engagé une profonde modernisation de ses infrastructures et de ses équipements. Une décennie de transformation que l’institution veut désormais inscrire dans une nouvelle phase, avec pour enjeu principal le renforcement de la compétitivité de la principale porte d’entrée et de sortie des marchandises du Cameroun.

Le changement de dimension du port de Douala-Bonabéri se mesure désormais à travers ses infrastructures. Une délégation du personnel du PAD, conduite par le Directeur général adjoint Charles Michaux Moukoko Njoh et accompagnée de journalistes, a parcouru plusieurs installations portuaires afin de dresser un bilan concret des mutations réalisées depuis 2016.
La visite, guidée par Théodore Toko, Directeur des Aménagements portuaires et conseiller technique du Directeur général, a permis de revenir sur plusieurs réalisations structurantes. La réhabilitation des quais, l’électrification de certaines installations, la modernisation des équipements et le renforcement des dispositifs de sécurité figurent parmi les principaux changements observés. Le réseau de voiries constitue également l’un des marqueurs de cette évolution. Avec environ 40 kilomètres aménagés, le port dispose d’une infrastructure destinée à améliorer la circulation des marchandises et à favoriser l’implantation d’activités économiques dans son environnement immédiat. La modernisation du Centre des archives complète ce dispositif.
Pour les cadres économiques, la portée de ces investissements ne se limite pas à l’amélioration du cadre de travail des opérateurs portuaires. La performance d’un port influence directement les coûts logistiques, les délais d’acheminement et, par conséquent, la compétitivité des entreprises. Le PAD constitue en effet une infrastructure stratégique pour l’économie camerounaise et pour plusieurs pays enclavés de la sous-région. La modernisation de ses installations peut donc contribuer à fluidifier les échanges, réduire certains coûts de passage et renforcer l’attractivité du corridor Douala-Bangui, ainsi que des autres axes desservant l’hinterland. Dans cette perspective, les investissements réalisés depuis 2016 répondent à un impératif économique : disposer d’un outil portuaire capable d’accompagner l’augmentation des échanges tout en répondant aux exigences croissantes des chargeurs, des transporteurs et des investisseurs.
La modernisation physique ne constitue toutefois qu’une partie de l’équation. Pour les analystes, l’enjeu de la prochaine décennie sera de convertir ces infrastructures en gains durables de productivité. Cela passe notamment par la digitalisation des procédures, la réduction des délais, l’amélioration de la coordination entre les différents acteurs de la chaîne logistique et la maîtrise des coûts. La compétitivité portuaire se joue désormais autant sur les quais que dans les systèmes d’information et l’organisation des flux. Dans un environnement régional marqué par la concurrence entre ports, le PAD devra donc poursuivre ses investissements tout en améliorant la qualité et la rapidité des services.
La randonnée organisée à l’occasion de cette décennie de transformation se veut ainsi moins un exercice de commémoration qu’un point d’étape. Elle met en évidence le chemin parcouru, mais aussi l’ampleur des efforts encore nécessaires. Pour le port de Douala-Bonabéri, la modernisation engagée depuis 2016 apparaît désormais comme un socle sur lequel doit se construire une nouvelle ambition : faire de la performance logistique un véritable levier de croissance pour le Cameroun et son hinterland.



