CEMAC : Le FMI pourrait examiner les assurances régionales en décembre 2026
Réunis à Bangkok du 12 au 18 octobre 2026, les responsables de la Commission de la CEMAC, de la BEAC et de la COBAC ont échangé avec le FMI sur les conditions de déblocage des assurances régionales. L’examen de ce dossier par le Conseil d’administration du Fonds pourrait intervenir en décembre, sous réserve de la compatibilité des budgets 2027 des États membres avec les objectifs de soutenabilité de la dette et de consolidation des réserves de change.

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pourrait franchir une nouvelle étape dans ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) avant la fin de l’année 2026. En marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues à Bangkok, en Thaïlande, la Commission de la CEMAC a fait le point avec les deux institutions sur les programmes régionaux, les réformes économiques et les conditions nécessaires au déblocage des assurances régionales. Conduite par le président de la Commission, Baltasar Engonga Edjo’o, la délégation communautaire a notamment rencontré le directeur du Département Afrique du FMI, en présence de représentants de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).
Les budgets 2027 au cœur des discussions avec le FMI
Au cours de cette rencontre, les institutions régionales ont présenté les progrès réalisés dans l’application des mesures prescrites par la Conférence des chefs d’État de la CEMAC en janvier 2026. Ces mesures visent notamment à consolider les réserves de change de la sous-région et à accélérer la transformation structurelle des économies. En réponse, le FMI a annoncé la tenue d’une mission régionale après les Assemblées annuelles pour discuter de la revue des assurances régionales. Parallèlement, ses équipes poursuivent les missions dans les pays membres afin d’examiner leurs trajectoires budgétaires, avec une attention particulière portée aux projets de lois de finances 2027.
L’enjeu est de vérifier leur compatibilité avec les objectifs de soutenabilité de la dette publique et de consolidation, à moyen terme, de la position extérieure de la monnaie commune. Si cette compatibilité est confirmée par les services du Fonds, la revue des assurances régionales pourrait être soumise à son Conseil d’administration en décembre 2026. Cette échéance constitue un enjeu important pour la coordination des politiques économiques de la sous-région, alors que plusieurs États doivent concilier leurs besoins de financement, leurs engagements budgétaires et la préservation des réserves de change.
Le Congo et le Gabon engagés dans de nouvelles discussions
Les échanges avec l’administrateur du Groupe Afrique III au FMI ont également permis de faire le point sur la feuille de route élaborée en vue du déblocage des assurances régionales, après une précédente visite de la CEMAC au siège du Fonds, à Washington, en septembre 2026. Selon les informations communiquées lors de cette rencontre, les négociations en vue d’un nouveau programme ont déjà commencé avec le Congo, tandis que des discussions préliminaires sont en cours avec le Gabon. Des échanges virtuels entre les équipes du FMI et les deux pays étaient prévus après les Assemblées annuelles.
Le cas du Cameroun présente, en revanche, une particularité : la revue post-financement réalisée en septembre 2026 ne nécessite pas, selon l’administrateur, le déblocage préalable des assurances régionales pour être examinée par le Conseil d’administration du FMI.
Trois missions fiscales annoncées pour janvier 2027
Au-delà des équilibres macroéconomiques, la Commission de la CEMAC entend renforcer la mobilisation des recettes publiques et l’harmonisation des politiques fiscales et douanières. À cet effet, le Département des finances publiques du FMI s’est engagé à déployer trois missions dans la sous-région en janvier 2027. Elles porteront respectivement sur la gestion du risque de conformité fiscale, l’élaboration d’une stratégie régionale de mobilisation des recettes fiscales intérieures et l’identification de nouveaux domaines pouvant être intégrés au processus d’harmonisation fiscale. Ces travaux doivent contribuer à améliorer les capacités de collecte des États membres, dans un contexte où l’élargissement des recettes non pétrolières représente un levier important pour réduire les vulnérabilités budgétaires.
La Banque mondiale sollicitée pour soutenir les entreprises publiques
Avec la Banque mondiale, les discussions ont principalement porté sur l’avancement des programmes régionaux et les projets en préparation. La Commission a notamment demandé l’intégration de la Guinée équatoriale au volet CEMAC du projet HISWACA, consacré à l’harmonisation et à l’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette intégration pourrait être envisagée dans le cadre du document de stratégie pays de la Banque mondiale pour la Guinée équatoriale, actuellement en préparation.
La Commission a également sollicité un financement additionnel du projet HISWACA afin de mettre en place un dispositif de suivi de la performance des entreprises publiques. La Banque mondiale a toutefois indiqué qu’un tel programme nécessiterait, au préalable, l’adhésion formelle d’au moins deux États membres.
Enfin, le FMI et la Banque mondiale ont évoqué plusieurs chantiers statistiques, notamment la transition vers la septième édition du manuel de la balance des paiements et une meilleure prise en compte de l’économie informelle dans les comptes nationaux. La Banque mondiale prévoit, de son côté, d’organiser un échange approfondi avec la CEMAC avant la fin de 2026 pour intégrer les priorités de la sous-région à sa future stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique.



