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Investissements publics : La CHC accélère son offensive hôtelière avec un ambitieux resort de luxe à Kribi

Déjà propriétaire du mythique Hilton de Yaoundé, la Cameroon Hotels Corporation veut désormais prendre position sur le littoral camerounais. L’entreprise publique relance la phase préparatoire de son projet de resort 5 étoiles à Kribi, dans un contexte marqué par la transformation économique de cette ville portuaire devenue l’un des nouveaux pôles stratégiques du pays. Derrière cette initiative se dessine une vaste opération de modernisation des actifs de la CHC et une montée en gamme du secteur hôtelier national.

La Cameroon Hotels Corporation (CHC) poursuit discrètement mais méthodiquement son implantation à Kribi. L’entreprise publique a repoussé au 9 juin 2026 la date limite de réception des candidatures relatives à l’appel à manifestation d’intérêt international destiné à sélectionner des cabinets d’architecture pour son futur complexe hôtelier haut de gamme. L’opération porte sur la conception d’une première esquisse du projet envisagé dans la localité d’Idolo, en bordure maritime.

Cette étape technique marque le redémarrage concret d’un dossier présenté comme l’un des projets majeurs de diversification de la CHC depuis plusieurs années. Le futur établissement devrait prendre la forme d’un resort 5 étoiles intégrant hébergement, loisirs et services touristiques destinés aussi bien aux voyageurs d’affaires qu’aux touristes et visiteurs de la sous-région. L’objectif affiché est de créer une offre premium capable de répondre aux nouveaux standards du tourisme international tout en profitant du potentiel balnéaire de Kribi.

Si la CHC mise désormais sur Kribi, c’est parce que la ville connaît une mutation spectaculaire. Longtemps considérée comme une simple destination de détente, la cité côtière s’est progressivement transformée en plateforme économique stratégique grâce au développement du port en eau profonde et de la zone industrialo-portuaire. Cette évolution attire de plus en plus d’investissements publics et privés, créant une demande croissante en infrastructures d’accueil de haut standing. Entre les cadres d’entreprises, les partenaires industriels, les investisseurs étrangers et les visiteurs liés aux activités portuaires, le besoin en établissements hôteliers premium devient plus visible.

Dans cette dynamique, la CHC espère occuper une place centrale sur un marché encore peu structuré mais prometteur. Le projet pourrait également contribuer à renforcer l’image de Kribi comme destination capable de conjuguer affaires, tourisme et loisirs, une sorte de « Riviera industrielle » où les grues portuaires croisent les plages atlantiques.

À ce stade, aucun opérateur international n’a encore été officiellement annoncé pour assurer l’exploitation du futur resort. Toutefois, plusieurs observateurs évoquent la possibilité d’un prolongement du partenariat historique entre la CHC et le groupe hôtelier américain Hilton, déjà présent à Yaoundé. Une telle option demeure néanmoins hypothétique. Mais si elle se confirmait, elle renforcerait davantage la présence de Hilton sur le marché camerounais, alors qu’un projet DoubleTree by Hilton est déjà annoncé à Douala depuis plusieurs années.

Le projet de Kribi s’inscrit dans une transformation plus large de la CHC. L’entreprise travaille parallèlement sur la rénovation du Hilton de Yaoundé ainsi que de son centre commercial adjacent. Pour structurer cette opération financière, un consortium composé d’Attijari Securities Central Africa, AFG Capital et Financia Capital a récemment été mobilisé. Le montant de cette levée de fonds pourrait avoisiner 25 milliards de FCFA. Au-delà des travaux eux-mêmes, cette restructuration vise à revaloriser les actifs de la société publique et à améliorer sa compétitivité sur le marché régional de l’hôtellerie.

Cette stratégie intervient aussi dans un contexte où la CHC figure parmi les entreprises publiques pressenties pour une introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac). Détenue majoritairement par l’État camerounais, l’entreprise pourrait ainsi devenir l’un des symboles de la modernisation du portefeuille public et du retour des ambitions nationales dans l’hôtellerie haut de gamme.

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