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Jeux d’argent en ligne : L’Afrique a généré 23 milliards de dollars en 2025, mais le marché légal reste minoritaire

Le marché africain des jeux d’argent en ligne poursuit son expansion à un rythme soutenu. Selon un rapport publié en juillet 2026, les revenus bruts du secteur ont atteint 23 milliards de dollars en 2025. Derrière cette croissance se cache toutefois une réalité préoccupante : près de huit dollars sur dix échappent encore aux circuits réglementés, privant les États de recettes fiscales importantes et limitant la protection des consommateurs.

Le marché africain des jeux d’argent en ligne continue de gagner du terrain. En 2025, ses revenus bruts ont progressé de 15 % pour atteindre 23 milliards de dollars, contre environ 20 milliards un an plus tôt, selon le cabinet Gaming Compliance International (GCI). Cette dynamique s’explique par l’élargissement rapide de la base d’utilisateurs. Près de 215 millions d’Africains ont participé à des jeux d’argent en ligne durant l’année, soit 17 millions de plus qu’en 2024. L’essor des smartphones, la généralisation des solutions de paiement numérique et l’amélioration de la connectivité favorisent cette montée en puissance dans la plupart des régions du continent. L’Afrique de l’Ouest demeure le principal moteur de cette industrie avec 10,3 milliards de dollars de revenus, soit près de 45 % du marché continental. Elle devance l’Afrique du Nord (4,8 milliards), l’Afrique australe (4 milliards), l’Afrique de l’Est (2,8 milliards) et l’Afrique centrale, dont le marché représente 1,1 milliard de dollars.

Le marché clandestin capte encore l’essentiel des revenus

Malgré cette croissance, l’industrie reste largement dominée par des opérateurs non agréés. En 2025, ces plateformes ont généré 17,8 milliards de dollars, soit 77 % des revenus totaux du secteur. Leur poids continue même de progresser avec une augmentation du nombre de sites ciblant les joueurs africains, passé de 3 644 à plus de 4 100 en une année. Cette situation illustre les difficultés rencontrées par de nombreux régulateurs pour canaliser une activité essentiellement numérique, facilement accessible depuis n’importe quel pays et capable de contourner les restrictions nationales. Le segment réglementé affiche néanmoins une évolution plus rapide. Ses revenus ont atteint 5,2 milliards de dollars en 2025, contre 4,4 milliards un an auparavant, ce qui représente une progression de plus de 18 %. Sa part de marché demeure toutefois limitée à 23 %. Les disparités restent importantes entre les différentes régions africaines. Alors que les opérateurs agréés réalisent près d’un tiers des revenus en Afrique de l’Ouest, leur présence demeure quasiment inexistante en Afrique du Nord, où ils ne représentent que 0,3 % du marché.

Fiscalité, réglementation et paiements au cœur de la compétitivité

Au-delà de la seule question de la répression des opérateurs illégaux, le rapport souligne que plusieurs politiques publiques influencent directement l’attractivité du marché réglementé. Une fiscalité jugée excessive, tant pour les entreprises que pour les joueurs, réduit la capacité des opérateurs agréés à proposer des cotes compétitives, des bonus attractifs ou une offre suffisamment diversifiée. À cela s’ajoutent des infrastructures de paiement parfois coûteuses ou peu performantes, ainsi que certaines restrictions réglementaires susceptibles d’inciter les joueurs à se tourner vers des plateformes non autorisées. D’un point de vue économique, ces déséquilibres créent un cercle défavorable : les États perçoivent moins de recettes fiscales, les entreprises locales perdent des parts de marché et les consommateurs évoluent dans un environnement où les garanties en matière de protection, de lutte contre la fraude ou de prévention de l’addiction sont souvent inexistantes.

Transformer une perte fiscale en levier de croissance

Pour Gaming Compliance International, la prédominance du marché parallèle ne traduit pas uniquement les limites des cadres réglementaires actuels. Elle révèle surtout un important potentiel de formalisation de l’activité. Le cabinet recommande une stratégie articulée autour de quatre priorités : surveiller l’ensemble du marché, identifier les opérateurs non autorisés, faire appliquer effectivement les réglementations et rendre le marché légal plus compétitif. Cette approche, baptisée « MPEO » (Monitor, Police, Enforce and Optimize), vise à accroître progressivement la migration des joueurs vers les plateformes agréées.

L’enjeu dépasse largement le secteur des jeux d’argent. Une meilleure formalisation permettrait d’élargir l’assiette fiscale, de renforcer les entreprises locales, de limiter les flux financiers informels et de mieux protéger les consommateurs. Dans un contexte où les économies africaines cherchent de nouvelles sources de recettes publiques, le développement d’un marché réglementé des jeux en ligne pourrait ainsi devenir un levier supplémentaire de diversification budgétaire et de croissance de l’économie numérique.

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