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Logistique portuaire : Le Port de Douala accélère sa lutte contre la congestion avec l’appui du projet SCOPE Africa

Principal point d’entrée du commerce extérieur camerounais, le Port de Douala-Bonabéri fait l’objet d’une mission d’évaluation menée dans le cadre du projet SCOPE Africa. L’objectif est d’identifier de nouveaux leviers pour fluidifier les flux logistiques, améliorer la compétitivité de la plateforme et accompagner les ambitions de modernisation du Cameroun dans un contexte de croissance des échanges régionaux.

Le Port autonome de Douala (PAD) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation. Cette semaine, une équipe d’experts du projet SCOPE Africa séjourne sur la plateforme portuaire afin d’évaluer les mécanismes de gestion des flux logistiques et de proposer des solutions susceptibles de réduire davantage les phénomènes de congestion. Conduite par le spécialiste en logistique portuaire et transformation numérique Serge Angelo Agnila, cette mission s’inscrit dans un programme financé par l’Union européenne et exécuté par Expertise France et Enabel. Les experts examinent l’ensemble de la chaîne de circulation des poids lourds, depuis leur entrée dans l’enceinte portuaire jusqu’à leur retour sur le réseau routier urbain, en passant par les opérations de chargement et d’enlèvement des marchandises. Les observations de terrain serviront à alimenter une phase d’analyse destinée à produire des recommandations opérationnelles ainsi qu’une feuille de route pour renforcer durablement l’organisation logistique du premier port camerounais.

Une infrastructure stratégique pour l’économie nationale

Avec près de 70 % des marchandises échangées entre le Cameroun et le reste du monde qui transitent par ses quais, le Port de Douala-Bonabéri demeure un maillon essentiel de l’économie nationale. Plus de 13 millions de tonnes de marchandises y ont été manutentionnées en 2025, illustrant le rôle central de cette infrastructure dans l’approvisionnement du pays ainsi que dans le commerce des États enclavés de la sous-région. Cette forte concentration des échanges exerce toutefois une pression permanente sur les capacités opérationnelles du port. La congestion se traduit par des coûts logistiques plus élevés, des délais de livraison allongés et une baisse de compétitivité pour les entreprises importatrices et exportatrices.

Des investissements qui commencent à produire leurs effets

Depuis plusieurs années, le PAD multiplie les investissements afin d’améliorer sa productivité. La réhabilitation du terminal à conteneurs a constitué l’un des premiers chantiers majeurs. Les travaux ont permis d’améliorer les conditions d’exploitation en mettant fin à des difficultés qui ralentissaient considérablement les opérations de manutention. Parallèlement, l’autorité portuaire a renforcé son parc d’équipements avec l’acquisition de nouveaux portiques de quai et de parc ainsi que d’engins modernes destinés à accélérer les opérations de chargement et de déchargement. La transformation numérique représente également un levier majeur. Grâce à l’informatisation des procédures, les interactions physiques entre chauffeurs et opérateurs ont été fortement réduites. L’identification automatisée des camions, la programmation des mouvements et le suivi numérique des opérations permettent aujourd’hui de diminuer sensiblement les temps d’attente et d’améliorer la fluidité des rotations.

Une extension logistique pour accompagner la croissance future

Au-delà des améliorations immédiates, le PAD prépare déjà les prochaines décennies. L’un des projets structurants concerne la création d’une plateforme logistique de 25 hectares destinée au stockage et à la gestion des conteneurs vides sur la darse à bois. Développée dans le cadre d’un partenariat public-privé avec Douala Port Container Solution (DPCS), cette infrastructure figure parmi les priorités du Schéma directeur de développement du Port de Douala à l’horizon 2050. Elle vise à désengorger le terminal principal tout en optimisant la gestion des équipements des compagnies maritimes et des transporteurs. À terme, cette nouvelle capacité devrait contribuer à une meilleure rotation des conteneurs, réduire les coûts d’exploitation et renforcer l’attractivité du port face à la concurrence régionale.

Un enjeu économique au-delà du Cameroun

L’intervention de SCOPE Africa dépasse le seul cadre du Port de Douala. Lancé en décembre 2025 pour une durée de quatre ans et doté d’un financement de 12 millions d’euros, soit près de 7,9 milliards de FCFA, le programme cible dix ports majeurs d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, dont Douala et Kribi. Cette initiative répond à une préoccupation économique majeure. En Afrique centrale, le coût de la logistique demeure parmi les plus élevés du continent et constitue un frein à la compétitivité des entreprises. Chaque réduction des délais de passage portuaire améliore la fluidité des chaînes d’approvisionnement, limite les surcoûts supportés par les opérateurs économiques et renforce l’intégration commerciale régionale.

Pour le Cameroun, l’amélioration continue des performances du Port de Douala représente ainsi un enjeu stratégique. Une plateforme plus efficace favorise non seulement les échanges extérieurs, mais consolide également le rôle du pays comme principal corridor logistique vers le Tchad et la République centrafricaine, tout en soutenant les ambitions de diversification économique et d’industrialisation.

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