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Port de Douala : Le Cameroun donne 15 jours à l’armateur du Black Rhino pour évacuer son navire et préserver la fluidité du commerce

Neuf jours après la collision entre les cargos Sea Honor et Black Rhino dans le chenal du port de Douala-Bonabéri, le gouvernement camerounais hausse le ton. À l’issue d’une mission conduite le 20 juillet 2026 par le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, un ultimatum de quinze jours a été fixé à l’armateur du Black Rhino afin de retirer le navire échoué. Au-delà de la gestion d’un accident maritime, les autorités cherchent à protéger un corridor logistique essentiel pour le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine.

Le gouvernement camerounais entend éviter que l’accident survenu dans la nuit du 11 au 12 juillet ne produise des effets durables sur les activités du principal port du pays. En déplacement au Port autonome de Douala (PAD), le ministre des Transports a évalué les conséquences de la collision entre le Sea Honor, qui quittait les installations portuaires, et le Black Rhino, engagé dans une manœuvre d’entrée. La visite a réuni les principales autorités administratives et portuaires du Littoral. Les responsables de la capitainerie ont présenté les premiers éléments techniques disponibles, tandis que les équipes mobilisées ont détaillé les opérations ayant permis de sécuriser la zone et de rétablir rapidement la circulation maritime. À l’issue de cette réunion, l’État a arrêté une série de recommandations destinées à accélérer les opérations de dégagement et à renforcer la sécurité de la navigation dans le chenal.

Les autorités exigent désormais que le propriétaire du Black Rhino transmette, dans un délai de huit jours, un rapport définitif établi par les experts mandatés, accompagné d’un plan complet de renflouement. Ce document devra préciser les techniques retenues pour stabiliser le navire, retirer progressivement les quelque 150 conteneurs transportés, mobiliser les moyens de levage et de remorquage, prévenir tout risque de pollution et détailler le calendrier des opérations. L’armateur disposera ensuite d’un délai global de quinze jours pour procéder au dégagement du bâtiment. En cas de non-respect de ces obligations, l’administration prévoit une mise en demeure, avant d’engager, si nécessaire, une exécution d’office des travaux aux frais du propriétaire du navire, conformément aux dispositions réglementaires applicables. Des sociétés internationales spécialisées dans le sauvetage maritime, dont Wave Group et SMIT, ont déjà rejoint Douala afin d’accompagner les opérations. Le navire d’assistance MSM Dolores pourrait également être mobilisé depuis Bata, en Guinée équatoriale.

Si le chenal a pu être rouvert quelques heures seulement après l’accident grâce à la coordination des équipes du PAD, la présence du Black Rhino continue néanmoins de limiter les conditions normales d’exploitation. Le navire, volontairement échoué afin d’éviter son naufrage après avoir été gravement endommagé près de la passerelle, réduit les marges de manœuvre pour les bâtiments de fort tonnage. Les restrictions imposées au trafic augmentent les temps d’attente et complexifient l’organisation des escales. Les quinze membres d’équipage ont été évacués sans blessure et aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Une enquête technique demeure toutefois en cours afin d’établir les responsabilités exactes de l’accident. Les premières constatations évoquent une possible perte de contrôle de la barre à bord du Black Rhino, une hypothèse qui reste à confirmer.

Au-delà de l’incident maritime, cette collision rappelle la place stratégique du port de Douala dans les échanges commerciaux de l’Afrique centrale. Première plateforme portuaire du Cameroun, il assure l’essentiel des importations nationales et constitue également le principal débouché maritime pour le Tchad et la République centrafricaine. Toute réduction durable des capacités du chenal peut entraîner un allongement des délais de déchargement, une hausse des coûts logistiques et des surcoûts pour les compagnies maritimes. Ces charges supplémentaires sont susceptibles d’être répercutées sur les importateurs, puis sur les prix des marchandises destinées aux consommateurs.

L’incident met également en évidence les contraintes structurelles du chenal de Douala, où la densité du trafic et les caractéristiques naturelles réduisent les marges de sécurité lors des manœuvres. Dans un contexte marqué par l’augmentation des échanges régionaux, cet épisode pourrait relancer les réflexions sur le renforcement des dispositifs de sécurité maritime, l’amélioration des capacités d’intervention d’urgence et la poursuite des investissements destinés à moderniser les infrastructures portuaires.

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