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Sodepa : Les pertes s’alourdissent en 2025 malgré le soutien financier de l’État

La Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa) continue d’afficher une situation financière préoccupante. En 2025, l’entreprise publique a enregistré une perte nette de 2,13 milliards de FCFA, en hausse de 43 % sur un an. Si les subventions de l’État et de nouveaux emprunts lui permettent de maintenir une trésorerie positive, les performances opérationnelles restent dégradées, révélant des faiblesses structurelles dans la gestion et le modèle économique de l’entreprise.

L’exercice 2025 s’est soldé par une nouvelle dégradation des comptes de la Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa). Les états financiers certifiés mettent en évidence une perte nette de 2,13 milliards de FCFA, contre 1,49 milliard un an plus tôt, traduisant une aggravation de près de 43 %. Cette contre-performance intervient alors que le chiffre d’affaires n’a progressé que très modestement, atteignant 2,2 milliards de FCFA. Cette légère hausse des revenus demeure insuffisante pour absorber une structure de coûts toujours plus lourde. L’entreprise affiche ainsi un excédent brut d’exploitation négatif de 1,39 milliard de FCFA et un déficit d’exploitation de 1,74 milliard de FCFA, preuve que son activité courante ne génère pas les ressources nécessaires à son fonctionnement. Malgré un total de bilan de 17,94 milliards de FCFA et des capitaux propres estimés à 9,29 milliards, la solidité financière de la Sodepa repose essentiellement sur les injections de capitaux publics.

L’un des principaux facteurs de détérioration des comptes demeure l’activité de négoce de bétail. Les ventes ont généré un peu moins de 428 millions de FCFA alors que le coût d’acquisition des animaux destinés à la revente a dépassé 862 millions de FCFA. Cette activité s’est ainsi traduite par une marge négative de près de 435 millions de FCFA. Au-delà des chiffres, le commissaire aux comptes relève plusieurs insuffisances dans les procédures internes. Les opérations d’approvisionnement reposent encore largement sur des documents manuels, les contrôles de pesée ne sont pas systématiquement assurés et les responsabilités entre les services commerciaux et financiers restent insuffisamment cloisonnées, augmentant les risques de défaillance du contrôle interne.

Les charges de personnel constituent également un facteur majeur de déséquilibre. Elles atteignent 2,13 milliards de FCFA, soit pratiquement l’équivalent du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise. Cette évolution accompagne l’augmentation des effectifs, désormais portés à 865 salariés. Dans le même temps, les dépenses liées aux prestations extérieures continuent de progresser. Les frais d’entretien et de maintenance ont bondi de plus de la moitié, tandis que les rémunérations des consultants et intermédiaires ont plus que doublé. Les coûts de télécommunications et les frais bancaires suivent également une trajectoire ascendante. À ces charges s’ajoutent plus de 401 millions de FCFA de pertes enregistrées sur les animaux, venant alourdir davantage le déficit global.

Les difficultés de trésorerie opérationnelle se traduisent également par une augmentation des dettes à court terme. Les engagements fiscaux et sociaux dépassent désormais 1,46 milliard de FCFA, tandis que les dettes envers les fournisseurs atteignent 647 millions. L’entreprise fait par ailleurs face à des tensions avec l’administration fiscale et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), en raison de retards de paiement. Les comptes clients continuent également de supporter un important volume de créances devenues irrécouvrables. D’un montant de près de 93 millions de FCFA, elles concernent notamment d’anciens clients décédés, disparus ou des agents aujourd’hui retraités. Le commissaire aux comptes recommande leur radiation afin d’assainir définitivement les états financiers.

Paradoxalement, la trésorerie nette progresse pour atteindre 2,04 milliards de FCFA. Cette amélioration ne traduit toutefois pas un redressement de l’activité. Les flux générés par l’exploitation demeurent négatifs de plus de 654 millions de FCFA. La hausse de la trésorerie résulte essentiellement de près de 2 milliards de FCFA de subventions d’investissement accordées par l’État, complétées par plus de 743 millions de FCFA de nouveaux emprunts. À cela s’ajoutent 1,3 milliard de FCFA de subventions d’exploitation qui permettent à la société de poursuivre ses activités malgré une rentabilité toujours absente.

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