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Logistique pétrolière : Le Cameroun muscle ses réserves pour mieux sécuriser son approvisionnement en carburants et en gaz

Le gouvernement camerounais accélère la modernisation de l’outil logistique pétrolier. À Douala, trois infrastructures de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) ont été inaugurées le 21 août 2026 par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Derrière ces ouvrages, l’exécutif cherche surtout à réduire la vulnérabilité du pays face aux importations et à augmenter progressivement ses marges de sécurité.

La mise en service d’une sphère de stockage de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à Bonabéri, d’un deuxième pipeline entre le port de Douala et le dépôt de Bessengué, ainsi que d’un nouvel immeuble siège marque une nouvelle étape dans la restructuration de la SCDP. À Bonabéri, l’ajout de 1 000 tonnes de capacité porte désormais le stockage de GPL à 3 500 tonnes, contre 2 500 tonnes auparavant. Deux autres ouvrages doivent encore renforcer ce dispositif. Cette progression répond à un enjeu sensible pour les ménages : limiter les tensions récurrentes sur la disponibilité du gaz domestique. Le pipeline de quatre kilomètres constitue, lui, un levier stratégique pour fluidifier les importations. La capacité mensuelle de réception doit passer de 210 000 à environ 345 000 m³. Le dispositif pourrait ainsi accueillir près de 23 navires par mois, contre 14 auparavant, tout en réduisant les temps d’attente et les coûts liés aux surestaries.

*Pour les analystes du secteur, l’enjeu dépasse la seule augmentation des capacités physiques. Depuis l’interruption de la production de la Société nationale de raffinage (Sonara) en 2019, le Cameroun s’appuie largement sur les importations de produits pétroliers raffinés. Cette dépendance expose davantage le marché intérieur aux prix internationaux, aux perturbations maritimes et aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement. « Le stockage devient un outil de politique économique autant qu’un instrument industriel », analyse un cadre économique, pour qui l’augmentation des réserves permettrait au pays d’amortir les chocs extérieurs et de mieux planifier ses approvisionnements. Le projet de porter les stocks de sécurité de 30 à 60 jours traduit précisément cette volonté. Deux nouveaux réservoirs doivent notamment ajouter 13 000 m³ de capacité pour le supercarburant à Douala. À Bélabo, un réservoir de gasoil de 5 000 m³ augmente de près de 92 % les capacités locales.

Le gouvernement veut également accélérer le développement du futur terminal pétrolier de Kribi. Sa réalisation doit contribuer à diversifier les points d’entrée des hydrocarbures et à réduire la concentration des opérations sur Douala. Pour les cadres économiques, cette évolution pourrait améliorer la résilience globale du système, à condition que les investissements dans le stockage soient accompagnés d’une meilleure gestion des stocks, d’une maintenance régulière des infrastructures et d’une optimisation des circuits de distribution. L’objectif affiché par le MINEE est donc de faire évoluer la SCDP d’un rôle essentiellement logistique vers celui d’un véritable amortisseur des risques énergétiques. Une transformation devenue stratégique pour un Cameroun qui cherche à soutenir son industrialisation tout en sécurisant l’énergie nécessaire à son économie.

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