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Accès au marché africain : Au Cameroun, la CONFEJES veut accompagner 120 jeunes femmes vers l’entrepreneuriat agricole

La Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES) prépare un dispositif destiné à renforcer les compétences commerciales et financières de jeunes Camerounaises actives ou intéressées par les chaînes de valeur agricoles. Présentée au ministre du Commerce le 25 août 2026, l’initiative prévoit notamment un Salon de l’agriculture en octobre et un programme de mentorat de cinq ans pour les dix participantes les plus prometteuses.

La politique de transformation locale des productions agricoles pourrait bénéficier d’un nouveau vivier d’entrepreneures. C’est l’objectif affiché par la CONFEJES, dont la secrétaire générale, Louisette-Renée Thobi Étamé Ndédi, a présenté mardi à Yaoundé les contours d’une initiative consacrée au renforcement des capacités des jeunes femmes camerounaises. Le projet repose notamment sur l’organisation d’un Salon de l’agriculture du 20 au 23 octobre 2026. La manifestation devrait réunir plusieurs composantes de la chaîne de valeur, de la production agro-pastorale à la transformation, en passant par l’agroalimentaire et les outils numériques appliqués à l’agriculture.

Une formation orientée vers le marché

Au-delà de l’événement, le dispositif prévoit l’accompagnement de 120 jeunes filles pendant quatre jours. Les bénéficiaires seront notamment initiées aux mécanismes du commerce intérieur et extérieur et à l’éducation financière. Pour des cadres économiques, cette dimension constitue un point déterminant. Le principal défi des petites entreprises agricoles camerounaises ne réside pas uniquement dans la production, mais aussi dans leur capacité à formaliser leur activité, calculer leurs coûts, accéder au financement, respecter les normes et trouver des débouchés. Une meilleure maîtrise de ces paramètres peut ainsi contribuer à réduire le taux d’échec des jeunes entreprises et favoriser leur passage d’une activité de subsistance à une véritable entreprise. La sélection des dix meilleures participantes pour un accompagnement sur cinq ans ajoute une dimension de long terme au programme. Ce mécanisme de mentorat pourrait permettre de suivre la maturation des projets, leur accès aux marchés et leur capacité à mobiliser des financements.

Le « Made in Cameroon » comme débouché

Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a assuré que son département entend apporter son expertise au projet. Il a notamment inscrit l’initiative dans la stratégie de transformation structurelle de l’économie camerounaise. L’enjeu est de faire évoluer le modèle fondé sur la commercialisation de produits peu transformés vers une offre incorporant davantage de valeur ajoutée localement. Pour les analystes, cette orientation est particulièrement stratégique dans l’agriculture, où une partie importante de la valeur économique se crée encore après la production primaire, notamment dans la transformation, le conditionnement, la logistique et la commercialisation. Le ministère prévoit d’ailleurs une visite des vitrines du « Made in Cameroon » le 28 août. Cette séquence doit permettre à la responsable de la CONFEJES de rencontrer des acteurs engagés dans la production et la transformation locales.

La ZLECAf, un marché de 1,3 milliard de consommateurs

L’autre ambition affichée est de préparer les jeunes entrepreneures à dépasser le marché national. Le ministre a ainsi présenté la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) comme une opportunité majeure pour les producteurs camerounais. L’ouverture progressive du marché continental peut effectivement offrir de nouveaux débouchés aux entreprises capables de proposer des produits compétitifs et conformes aux normes. Mais, soulignent des économistes, l’accès à ce marché ne sera pas automatique. Il suppose une production régulière, des volumes suffisants, une qualité constante, une bonne maîtrise des coûts et des capacités logistiques adaptées. Pour le Cameroun, l’enjeu consiste donc moins à produire davantage qu’à produire avec une capacité suffisante de transformation et de commercialisation. L’accompagnement annoncé par la CONFEJES intervient ainsi à l’intersection de trois priorités : l’emploi des jeunes, l’autonomisation économique des femmes et la montée en gamme de la production nationale.

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