A la UneConjoncture

Investissements privés : Six projets de 370 milliards pour accélérer l’industrialisation et créer 14 267 emplois

La dynamique d’investissement privé se renforce au Cameroun. À travers six nouveaux projets recensés par l’Agence de promotion des investissements (API), ce sont 370,3 milliards de FCFA qui devraient être injectés dans l’économie, avec à la clé 14 267 emplois projetés. La métallurgie concentre l’essentiel des capitaux annoncés, tandis que l’hôtellerie et l’industrie manufacturière complètent ce portefeuille.

Le portefeuille récemment constitué par l’API illustre une évolution importante dans la structure des investissements recherchés au Cameroun : au-delà des activités commerciales et de services, les capitaux privés commencent à se positionner davantage sur des segments industriels susceptibles de modifier durablement l’appareil productif. Avec 247,5 milliards de FCFA, le projet porté par Cameroon Steel Manufacturing Company constitue à lui seul près des deux tiers de l’enveloppe globale annoncée. Son ambition en matière d’emploi est également considérable, avec environ 8 500 postes projetés. Le Complexe Multi Industriel du Cameroun, pour sa part, prévoit 100 milliards de FCFA d’investissement et 4 050 emplois.

À eux deux, ces projets représentent ainsi près de 94% des investissements et plus de 87% des emplois attendus dans le portefeuille. Cette concentration traduit le poids croissant de la transformation industrielle dans les perspectives d’investissement au Cameroun. L’enjeu dépasse le simple volume financier. Les projets métallurgiques peuvent favoriser l’émergence de chaînes de valeur locales, réduire progressivement la dépendance à certaines importations de produits transformés et accroître la valeur ajoutée tirée des ressources disponibles dans le pays. Leur impact dépendra toutefois de leur capacité à passer du stade des annonces à celui de la production effective.

L’hôtellerie mise sur le potentiel touristique

Le secteur du tourisme et des loisirs figure également parmi les bénéficiaires de cette nouvelle vague d’investissements. SCI Emergence projette un investissement de 10 milliards de FCFA, associé à 1 100 emplois, tandis que Christinal Hotel prévoit 5,2 milliards de FCFA et 282 emplois. Ces projets interviennent dans un contexte où le développement de l’offre hôtelière constitue l’une des conditions nécessaires à la valorisation du potentiel touristique camerounais. L’amélioration des capacités d’hébergement peut accompagner la progression du tourisme d’affaires, des événements internationaux et des déplacements liés aux activités économiques. L’effet économique attendu ne se limite d’ailleurs pas aux emplois directement créés par les établissements. L’hôtellerie mobilise une chaîne de fournisseurs comprenant l’agriculture, l’agroalimentaire, les transports, les services et l’artisanat. L’investissement hôtelier peut donc produire un effet multiplicateur lorsque les achats sont davantage effectués auprès des entreprises locales.

Un tissu manufacturier à diversifier

Avec 6 milliards de FCFA, AZA Manufacturing devrait générer environ 300 emplois, tandis que FAGRICAM Industrie prévoit 1,6 milliard de FCFA d’investissement et 35 emplois. Les montants sont plus modestes que ceux des grands projets métallurgiques, mais leur intérêt économique réside dans la diversification du tissu productif.

La transformation structurelle d’une économie ne repose pas uniquement sur quelques projets industriels de grande taille. Elle nécessite également un réseau d’entreprises de taille intermédiaire capables d’alimenter les grandes unités, de transformer les intrants locaux et de développer des produits destinés au marché national et régional. Cette complémentarité pourrait être déterminante pour maximiser les retombées des investissements annoncés. Elle suppose cependant un accès suffisant au financement, à l’énergie, aux infrastructures logistiques et aux marchés.

Le défi désormais : concrétiser les annonces

L’enveloppe de 370,3 milliards de FCFA et les 14 267 emplois annoncés constituent un signal positif pour l’attractivité du Cameroun. Mais la véritable mesure de la performance sera le niveau d’investissement effectivement réalisé et le nombre d’emplois effectivement créés. Dans cette perspective, le rôle de l’API reste central. L’institution sert d’interface entre les investisseurs et l’administration, notamment pour faciliter les procédures et accompagner la maturation des projets. La hausse de l’investissement d’un opérateur déjà présent, YOUSHENG CEMENT, apporte par ailleurs un indicateur intéressant : celui de la volonté de certains investisseurs de renforcer leur présence sur le marché camerounais.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 - 5 = ?
Recharger

Veuillez saisir les caractères affichés dans le CAPTCHA pour vérifier que vous êtes humain.

Bouton retour en haut de la page