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Commerce africain : L’Afrique du Sud, la RDC et la Côte d’Ivoire dominent les échanges intra-africains en 2025

La dynamique du commerce entre les pays africains s’est renforcée en 2025, portée par la progression de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les réformes commerciales et l’amélioration des infrastructures logistiques. Selon le dernier rapport d’Afreximbank, trois pays, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire, concentrent à eux seuls près du tiers des échanges intra-africains, illustrant la montée en puissance de pôles régionaux capables de structurer les chaînes de valeur sur le continent.

Le commerce intra-africain poursuit sa progression, mais il reste fortement polarisé. D’après le rapport African Trade Report 2026 : Leveraging Geopolitics for Trade and Industrialisation in Global Africa, publié par Afreximbank, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo (RDC) et la Côte d’Ivoire ont représenté ensemble 30,81 % des échanges de marchandises réalisés entre pays africains en 2025. L’Afrique du Sud demeure de loin le principal acteur du commerce continental avec une part de 19,2 %. Le pays conserve son statut de plateforme industrielle et commerciale grâce à une économie diversifiée. Alors que ses importations en provenance d’autres pays africains se sont élevées à 10,04 milliards de dollars, ses exportations vers le continent ont atteint 31,1 milliards de dollars, traduisant une forte capacité à approvisionner les marchés africains en produits manufacturés. Cette performance repose sur une base industrielle développée qui lui permet d’exporter des véhicules, des machines, des équipements électriques, des produits sidérurgiques, des carburants ou encore des céréales, tout en important principalement des matières premières énergétiques et minières.

La RDC confirme son ascension commerciale

Deuxième contributeur aux échanges intra-africains avec 6,74 % du total, la RDC s’impose progressivement comme un acteur incontournable. Cette montée en puissance s’explique autant par son immense marché intérieur, fort de plus de 100 millions d’habitants, que par sa position géographique au carrefour de plusieurs espaces économiques d’Afrique centrale et australe. L’intensification des échanges avec l’Afrique du Sud, premier partenaire commercial africain de Kinshasa, témoigne également du développement progressif des corridors commerciaux reliant les bassins miniers congolais aux grands centres industriels régionaux.

La Côte d’Ivoire consolide son rôle de hub ouest-africain

Avec 4,83 % des échanges intra-africains, la Côte d’Ivoire complète le podium. Le pays bénéficie d’une intégration avancée au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO, qui facilite la circulation des marchandises vers les économies voisines. Au-delà de son statut traditionnel d’exportateur de cacao, de noix de cajou ou de caoutchouc, Abidjan renforce progressivement son positionnement dans la transformation locale des matières premières agricoles. Cette stratégie d’industrialisation permet au pays de gagner en valeur ajoutée tout en consolidant sa place de plateforme agro-industrielle régionale. Ses principaux débouchés demeurent les marchés voisins, notamment le Mali, le Burkina Faso, le Ghana et le Nigeria, tandis que ses importations proviennent d’économies telles que l’Égypte, le Maroc, le Nigeria ou encore l’Afrique du Sud.

Une forte concentration des échanges

Le classement établi par Afreximbank met en évidence une concentration importante du commerce africain. Derrière les trois premiers figurent l’Ouganda (4,48 %), le Maroc (4,46 %), l’Égypte (4,35 %), la Zambie (4,33 %), le Nigeria (4,22 %), le Zimbabwe (3,64 %) et la Namibie (3,46 %). Ces dix économies représentent à elles seules près de 60 % des échanges intra-africains, révélant l’existence de pôles commerciaux régionaux particulièrement structurants. À l’inverse, plusieurs petits États insulaires ou économies peu intégrées demeurent quasiment absents des échanges continentaux, notamment la Libye, l’Érythrée, les Comores, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, São Tomé-et-Príncipe, les Seychelles et la Sierra Leone.

La ZLECAf commence à produire des effets, mais les déséquilibres persistent

Selon Afreximbank, les échanges commerciaux entre pays africains ont atteint 213,8 milliards de dollars en 2025, soit une progression de 5,47 % sur un an. Cette évolution reflète les premiers effets concrets de la ZLECAf, combinés aux réformes nationales destinées à fluidifier les échanges et aux investissements réalisés dans les infrastructures de transport et de logistique. Le commerce total de l’Afrique avec le reste du monde a également progressé pour atteindre près de 1 500 milliards de dollars (+6,1 %). Les exportations du continent se sont élevées à 685,2 milliards de dollars, tandis que les importations ont atteint 781,5 milliards de dollars. Malgré cette croissance, le déficit commercial africain continue de se creuser, passant de 91,9 milliards de dollars en 2024 à 96,3 milliards en 2025. Cette situation souligne que, si la ZLECAf accélère progressivement l’intégration économique du continent, la transformation industrielle demeure le principal défi pour réduire la dépendance aux importations et accroître la valeur ajoutée produite localement. L’évolution des cours des produits agricoles, des minerais stratégiques et des métaux précieux a également largement soutenu la progression des échanges, rappelant que les matières premières continuent de jouer un rôle central dans le commerce africain.

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