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Hilton Yaoundé : Plus de 5 milliards FCFA déjà fléchés vers les études, le pilotage et le financement de la rénovation

La rénovation du Hilton Yaoundé se précise progressivement, mais son coût final demeure encore inconnu. Autour du futur chantier, la Cameroon Hotels Corporation (CHC) prévoit jusqu’à 5,13 milliards de FCFA TTC pour la maîtrise d’œuvre, l’assistance au maître d’ouvrage et la structuration de la dette. Une enveloppe qui renseigne déjà sur l’ampleur et la complexité de l’opération, sans pour autant constituer le budget des travaux.

La modernisation du Hilton Yaoundé franchit une nouvelle étape avec le lancement, le 2 septembre 2026, d’un appel d’offres international restreint destiné à sélectionner le cabinet qui prendra en charge la maîtrise d’œuvre complète du projet. À elle seule, cette prestation est évaluée à 4,096 milliards de FCFA TTC. Ce marché constitue la principale dépense connue à ce stade autour du projet. Il doit couvrir une période de 48 mois et s’étendre de la finalisation des études jusqu’à la réception définitive des ouvrages. L’objectif est notamment de remettre à niveau le complexe hôtelier, son centre commercial et les espaces extérieurs qui l’accompagnent. Trois groupements préqualifiés sont en lice : Ersel Proje İnşaat Ticaret–Focus International Group–Le Competing, TYPSA–Aida SARL et Kardham Architecture–TPFI–Gassim. Les candidats doivent remettre leurs offres avant le 1er octobre 2026. Le processus prévoit une sélection technique préalable, avec un seuil de 80 points sur 100 avant l’examen des offres financières.

Une facture d’ingénierie qui dépasse déjà 4 milliards

Le montant consacré à la maîtrise d’œuvre mérite attention. Il ne rémunère pas uniquement la surveillance physique du chantier. Le prestataire devra reprendre certaines études existantes, compléter celles qui restent à réaliser, concevoir les éléments non encore définis, préparer les dossiers destinés aux entreprises et assurer la direction de l’exécution des travaux. Le périmètre comprend également le centre commercial et les aménagements extérieurs. Cette extension du programme permet de comprendre pourquoi la prestation d’ingénierie atteint un niveau financier aussi élevé.

Pour un économiste du secteur des infrastructures, cette dépense doit cependant être distinguée du coût du chantier lui-même. Elle constitue une dépense préparatoire et de contrôle qui peut contribuer à réduire les risques de dépassements, de retards ou de modifications coûteuses pendant l’exécution. Mais elle représente aussi un engagement financier significatif avant même que le montant global des travaux ne soit définitivement arrêté.

787,7 millions FCFA déjà engagés pour accompagner le maître d’ouvrage

La CHC avait déjà engagé une deuxième composante du dispositif. En février 2026, elle a attribué au groupement Egis Cameroun–CPM Hospitality–Egis Bâtiment International une mission d’assistance au maître d’ouvrage pour 787,69 millions de FCFA TTC. Le marché est divisé en deux parties. Une tranche ferme de 122,49 millions doit être exécutée sur trois mois, tandis qu’une tranche conditionnelle de 665,20 millions couvre une période de 48 mois. Cette mission porte davantage sur le pilotage administratif et stratégique du projet : programmation, préparation des consultations, coordination des validations, suivi contractuel et accompagnement de la CHC dans les opérations de réception.

La coexistence de cet assistant et du futur maître d’œuvre traduit donc une organisation à plusieurs niveaux. Le premier accompagne le propriétaire dans la gouvernance du projet ; le second intervient sur sa conception et sa réalisation technique. La bonne articulation entre les deux sera essentielle pour éviter une multiplication des intervenants sans gain réel d’efficacité.

Une dette potentielle de 25 milliards FCFA en toile de fond

Le montage financier constitue la troisième pièce du dispositif. En avril 2026, la CHC a confié au consortium Attijari Securities Central Africa–AFG Capital–Financia Capital la mission de structurer et mobiliser les ressources nécessaires au financement de la rénovation. La rémunération est fixée à 1 % TTC des financements effectivement mobilisés. Le montant indicatif de 250 millions de FCFA communiqué par la CHC correspond mathématiquement à une levée de 25 milliards de FCFA.

Il faut toutefois éviter de considérer ces 25 milliards comme une dette déjà sécurisée. À ce stade, ils constituent plutôt une cible implicite déduite de la commission maximale annoncée. Le montant effectivement mobilisé dépendra des conditions obtenues sur le marché et du bouclage financier de l’opération. Cette nuance est importante pour apprécier la portée économique du projet. Le financement devra notamment intégrer le coût de la dette, sa maturité, les garanties éventuelles ainsi que les conditions fiscales et juridiques du montage.

Jusqu’à 20,5 % d’une enveloppe de 25 milliards, mais pas encore le coût du projet

En additionnant les trois postes, la CHC pourrait donc consacrer jusqu’à 5,13 milliards de FCFA aux prestations périphériques directement liées à la rénovation. Rapportée à l’hypothèse d’un financement de 25 milliards, cette somme représente environ 20,5 %. Cette comparaison donne un ordre de grandeur, mais elle ne doit pas être interprétée comme une estimation du poids définitif des études dans le coût total de la rénovation. D’une part, les 4,096 milliards de maîtrise d’œuvre correspondent encore à une estimation avant attribution. D’autre part, la tranche conditionnelle de l’assistance pourrait ne pas être intégralement activée et la rémunération des arrangeurs dépendra des fonds réellement levés.

Un investissement stratégique pour le tourisme d’affaires

Au-delà de la rénovation d’un établissement emblématique, l’opération intervient dans un marché hôtelier où la qualité des infrastructures constitue un facteur de compétitivité pour Yaoundé. Le Hilton accueille une clientèle d’affaires, des délégations officielles et des événements internationaux. Sa modernisation peut donc avoir des retombées dépassant les seuls revenus de l’établissement. Pour l’État, principal actionnaire de la CHC avec 95,6 % du capital, l’enjeu est également patrimonial. L’objectif consiste à accroître la valeur et l’attractivité d’un actif public tout en améliorant sa capacité à générer des revenus. Mais cette ambition dépendra du coût final de l’investissement et du modèle économique retenu pour rembourser la dette. Tant que le montant des travaux, le taux d’emprunt, la maturité et les garanties ne sont pas connus, il reste difficile d’évaluer la rentabilité financière réelle de l’opération.

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