Hôtel Sawa : Un investissement de 1,7 milliard FCFA pour renforcer l’offre de restauration et d’événementiel
La Société hôtelière du Littoral (SOHLI) s’apprête à engager 1,73 milliard de FCFA TTC pour doter l’Hôtel Sawa de Douala de nouvelles infrastructures. Le projet, qui doit être réalisé en 18 mois, met aux prises deux entreprises camerounaises présélectionnées. Au-delà de la modernisation de l’établissement, cette opération traduit la volonté de renforcer la capacité du principal hôtel quatre étoiles du patrimoine de la SOHLI à capter les revenus liés à la restauration, aux conférences et aux événements.

L’Hôtel Sawa veut étoffer ses infrastructures. La Société hôtelière du Littoral a lancé, le 13 août 2026, une consultation en urgence pour la construction d’un nouveau bâtiment destiné notamment à la restauration et à l’accueil des clients. L’ouvrage projeté comprendra une salle polyvalente de 300 places, un restaurant pouvant accueillir 100 personnes, avec cuisine et bar, ainsi qu’un hall d’accueil et de réception. L’ensemble constitue un marché unique évalué à 1,732 milliard de FCFA TTC. Deux entreprises ont été admises à concourir après préqualification : Groupe SOMAF, établi à Yaoundé, et GEMAT SARL, basée à Douala. Les offres doivent être déposées au plus tard le 16 septembre 2026. Le futur attributaire disposera ensuite de 18 mois pour livrer l’ouvrage, à compter de la notification de l’ordre de service. Pour la SOHLI, l’enjeu dépasse la simple construction d’un bâtiment supplémentaire. Dans un marché hôtelier où les établissements cherchent à diversifier leurs sources de revenus, disposer d’espaces dédiés aux séminaires, banquets, conférences et réceptions permet de réduire la dépendance aux seules nuitées.
Une enveloppe qui couvre une infrastructure fortement équipée
Le montant de 1,73 milliard de FCFA ne correspond donc pas uniquement à du gros œuvre. Le cahier des charges englobe une large palette de prestations techniques : démolition, fondations et structure, étanchéité, toiture, plomberie, installations électriques, protection contre l’incendie, climatisation, ventilation et désenfumage. Le projet prévoit également des façades et murs-rideaux, des menuiseries ainsi que les différents revêtements intérieurs et extérieurs. Les équipements de mobilité et de manutention sont eux aussi intégrés à l’investissement.
Un ascenseur électrique de 900 kg, soit une capacité de 12 personnes, devra notamment desservir deux niveaux et être accessible aux personnes à mobilité réduite. Un monte-charge de 300 kg est également prévu. Cette configuration montre que la SOHLI vise un bâtiment opérationnel immédiatement exploitable, plutôt qu’une simple extension immobilière. L’investissement devrait ainsi accroître la capacité de l’établissement à accueillir simultanément des clients individuels et des manifestations professionnelles.
SOMAF et GEMAT face à un cahier des charges particulièrement sélectif
La concurrence entre les deux entreprises intervient dans un cadre de qualification exigeant. Les candidats doivent notamment afficher un chiffre d’affaires annuel moyen d’au moins 3 milliards de FCFA au cours des cinq dernières années et disposer d’une capacité financière minimale de 300 millions de FCFA. Le dossier impose également des références significatives dans le secteur du bâtiment. Les soumissionnaires doivent notamment justifier de réalisations portant sur des immeubles cumulant au moins 1 500 m² de planchers, ainsi que sur un bâtiment comprenant un sous-sol. La SOHLI exige par ailleurs des références portant sur plusieurs marchés d’au moins 1 milliard de FCFA. Le dossier demande notamment cinq projets de construction d’une valeur minimale de 1 milliard chacun et au moins une expérience dans la construction d’un hôtel quatre étoiles. Ces exigences réduisent mécaniquement le nombre d’entreprises capables de se positionner sur le marché. Elles traduisent aussi la volonté du maître d’ouvrage de limiter le risque d’un chantier techniquement complexe et financièrement lourd.
Groupe SOMAF dispose notamment d’une expérience récente sur de grands marchés publics. En mai 2024, l’entreprise avait décroché auprès du ministère des Travaux publics un contrat de près de 12 milliards de FCFA TTC pour l’entretien confortatif de l’axe Yaoundé-Ayos-Bonis. GEMAT, de son côté, a obtenu en juin 2026 un marché de 446,95 millions de FCFA TTC auprès de la Maetur pour des travaux de terrassement et de drainage dans le lotissement pilote de Massoumbou-Diwom.
Un projet relancé après une première expérience difficile
Le chantier actuel constitue l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années. Dès mai 2024, le conseil d’administration de la SOHLI avait donné son feu vert aux démarches liées à la reconstruction et à l’équipement d’un restaurant. Quelques mois plus tard, en novembre, la société lançait une manifestation d’intérêt pour sélectionner le maître d’œuvre chargé de la conception architecturale, de la conduite des travaux et du suivi des opérations jusqu’à la réception. Cette relance intervient dans un contexte marqué par l’échec d’un précédent chantier. Un marché attribué en 2018 à ASQUINI ENCORAD avait été résilié en mars 2020 aux torts de l’entreprise. Au 28 février 2020, le taux d’avancement physique n’était que de 4,31 %, alors que le délai contractuel était fixé à six mois. Le nouveau projet ne reprend toutefois pas exactement le même périmètre. Il s’inscrit dans une logique plus large de modernisation et d’amélioration des capacités fonctionnelles de l’hôtel.
La SOHLI accélère les dépenses de rénovation
Le projet de 1,73 milliard de FCFA intervient alors que l’Hôtel Sawa fait déjà l’objet de plusieurs dépenses d’amélioration. Pour l’exercice 2026, la SOHLI a notamment programmé 52,8 millions de FCFA pour la fourniture et la pose de 950 m² de revêtement de sol. L’établissement a également conclu deux contrats avec EGCS SARL pour l’équipement de ses salles de bains. Ces marchés portent sur 35 receveurs de douche et 35 parois fixes, pour un montant cumulé de près de 58 millions de FCFA. Ces opérations dessinent progressivement un programme de remise à niveau de l’établissement.
Un pari sur les revenus hors hébergement
L’intérêt économique du projet réside surtout dans sa capacité potentielle à accroître les recettes générées par les activités annexes. Avec 300 chambres, l’Hôtel Sawa dispose déjà d’une capacité d’hébergement importante. Mais la rentabilité d’un établissement de cette taille dépend également de sa capacité à monétiser ses espaces de restauration, ses salles de réunion et ses infrastructures événementielles. Une salle polyvalente de 300 places ouvre notamment la voie à une clientèle professionnelle composée d’entreprises, d’administrations, d’organisations internationales et d’acteurs de l’événementiel. Le restaurant et ses équipements associés peuvent, eux, contribuer à augmenter les recettes générées par la clientèle extérieure à l’hôtel. Dans un contexte où Douala concentre une part importante de l’activité économique camerounaise, le positionnement sur le tourisme d’affaires et les événements professionnels constitue donc un axe commercial potentiellement porteur.



