Production pétrolière : Le Cameroun passe sous la barre des 20 millions de barils en 2025
Le secteur pétrolier camerounais confirme son entrée dans une phase de déclin structurel. En 2025, la production nationale de brut a reculé de près de 10 %, poursuivant une tendance baissière amorcée depuis plusieurs années. Entre l’épuisement progressif des réserves, la faiblesse des activités d’exploration et le ralentissement des forages, l’industrie fait face à des défis majeurs alors même qu’elle demeure l’un des piliers des finances publiques et des recettes d’exportation du pays.

L’industrie pétrolière camerounaise a enregistré une nouvelle baisse de ses performances en 2025. Les volumes de pétrole brut extraits se sont établis à 19,4 millions de barils, contre plus de 21,3 millions l’année précédente, soit une diminution de 9,37 %. Cette évolution prolonge la tendance observée en 2024, année au cours de laquelle la production avait déjà chuté de plus de 10 %. En l’espace de deux ans, le pays a ainsi perdu près de 18 % de sa capacité de production pétrolière.
Pour l’État, les enjeux sont considérables. Les hydrocarbures restent une source importante de revenus budgétaires, de recettes fiscales et de devises. La réduction des volumes produits limite mécaniquement les capacités d’exportation et fragilise les ressources publiques dans un contexte marqué par des besoins croissants de financement des infrastructures et des politiques sociales.
L’une des principales explications de cette baisse réside dans la maturité avancée de plusieurs gisements exploités depuis des décennies. Certains champs affichent désormais des rendements décroissants tandis que des interruptions techniques répétées ont affecté la production dans plusieurs zones pétrolières stratégiques. Au-delà des difficultés opérationnelles, la question du renouvellement des réserves devient centrale. Les stocks récupérables de pétrole continuent de diminuer à mesure que l’exploitation progresse plus rapidement que les nouvelles découvertes.
Cette situation traduit un phénomène classique observé dans les pays producteurs arrivés à maturité : sans investissements massifs dans l’exploration et le développement de nouveaux gisements, la production entre progressivement dans une phase de déclin durable.
Les indicateurs d’investissement montrent que les efforts destinés à renouveler les ressources demeurent insuffisants. Les dépenses consacrées à l’exploration ont reculé de manière significative, limitant les perspectives de découverte de nouveaux volumes exploitables. Pourtant, le potentiel géologique reste important. Une grande partie du domaine pétrolier national demeure encore non attribuée, notamment à travers plusieurs blocs offshore et terrestres proposés aux investisseurs internationaux.
Les autorités poursuivent ainsi leurs campagnes de promotion auprès des compagnies étrangères afin d’attirer de nouveaux capitaux et de relancer l’activité exploratoire. Toutefois, dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et une concurrence accrue entre pays producteurs, la mobilisation de nouveaux investisseurs devient plus complexe.
Autre signal préoccupant : le rythme des forages demeure relativement faible. Le nombre limité de nouveaux puits réalisés ces dernières années ne permet pas de compenser efficacement le déclin naturel des champs existants. Certains programmes de développement ont d’ailleurs été revus à la baisse ou retardés, traduisant les contraintes financières et techniques auxquelles sont confrontés les opérateurs. Or, dans l’industrie pétrolière, le forage constitue un levier essentiel pour maintenir ou accroître la production. Un ralentissement prolongé de cette activité risque d’accentuer davantage la contraction des volumes extraits au cours des prochaines années.
La baisse continue de la production pétrolière intervient à un moment où le Cameroun cherche à diversifier ses sources de croissance. Si l’économie repose de plus en plus sur l’agriculture, les services et certaines activités industrielles, le pétrole conserve un poids significatif dans les équilibres macroéconomiques.
Face à l’érosion des réserves et à la diminution des volumes produits, l’enjeu pour les autorités est double : prolonger la durée de vie du secteur à travers de nouvelles découvertes tout en accélérant la diversification économique afin de réduire progressivement la dépendance aux revenus des hydrocarbures. Les prochaines années seront donc déterminantes pour savoir si le pays parvient à relancer son potentiel pétrolier ou s’il entre définitivement dans une phase de déclin de sa production d’hydrocarbures.



