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Secteur bancaire : Coris Bank voit la facture du risque de crédit s’alourdir malgré des bénéfices en forte hausse

Coris Bank International Burkina Faso a enregistré une nette progression de ses résultats au premier semestre 2026. Mais derrière cette performance se dessine un signal de vigilance : les provisions liées au risque de crédit ont fortement augmenté, atteignant leur niveau semestriel le plus élevé depuis plusieurs années. Une évolution qui pourrait peser davantage sur les comptes si elle se prolonge au second semestre.

Le semestre s’achève sur une note paradoxale pour Coris Bank International Burkina Faso (CBI BF). L’établissement affiche une croissance robuste de ses principaux indicateurs financiers, tout en faisant face à une remontée marquée du coût du risque. À fin juin 2026, cette charge s’établit à environ 8,3 milliards de FCFA, contre 5,6 milliards un an auparavant. L’augmentation atteint ainsi près de 48 % sur un an. Il s’agit du niveau semestriel le plus important enregistré par la banque depuis 2018. Cette évolution intervient après une période de nette amélioration. Le coût du risque avait culminé à 6,1 milliards de FCFA au premier semestre 2022, avant de retomber à 3,4 milliards en juin 2023 et de rester pratiquement stable en 2024. La tendance s’est ensuite inversée avec la remontée observée en 2025. Sur deux ans, entre juin 2024 et juin 2026, la progression atteint près de 140 %.

Le risque progresse plus vite que l’activité

Le contraste est particulièrement visible lorsqu’on rapproche cette évolution des performances commerciales de la banque. Le produit net bancaire (PNB), principal indicateur des revenus d’exploitation d’un établissement bancaire, a augmenté de 21,2 % au premier semestre 2026. Le résultat brut d’exploitation a, lui, progressé de 16,1 %, pour atteindre environ 49,4 milliards de FCFA. Malgré cette pression supplémentaire, CBI BF parvient à porter son bénéfice net à 41,7 milliards de FCFA, soit une hausse de 23,5 % en glissement annuel. Autrement dit, la banque génère suffisamment de revenus supplémentaires pour absorber, à ce stade, l’alourdissement des provisions. Mais cette situation mérite d’être surveillée, estiment des cadres économiques interrogés sur l’évolution. Lorsque le coût du risque augmente beaucoup plus rapidement que les revenus bancaires, cela peut progressivement réduire l’effet de levier de la croissance sur la rentabilité.

La croissance des crédits n’explique pas tout

L’augmentation des provisions ne peut par ailleurs être attribuée mécaniquement à l’expansion du portefeuille de crédits. Les financements accordés à la clientèle atteignent environ 1 328,7 milliards de FCFA à fin juin 2026. Cette progression reste relativement modérée lorsqu’elle est comparée à l’envolée du coût du risque sur la même période. Pour les analystes du secteur bancaire, cette dissociation constitue un élément important. Une hausse des encours de crédit entraîne naturellement une augmentation potentielle de l’exposition au risque. Mais lorsque les provisions progressent beaucoup plus rapidement que les financements, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu : reclassement de certaines créances, évolution des probabilités de défaut, renforcement des couvertures ou encore opérations de recouvrement sur des dossiers précédemment identifiés comme sensibles. Les chiffres semestriels disponibles ne permettent toutefois pas de conclure à une dégradation généralisée de la qualité du portefeuille.

Le précédent de 2025 invite à la prudence

La trajectoire récente montre d’ailleurs que le coût du risque de CBI BF peut connaître de fortes variations d’une année à l’autre. En 2024, la banque avait supporté une charge annuelle de 40,5 milliards de FCFA. Un an plus tard, celle-ci était ramenée à 16,5 milliards, soit une diminution de 59,3 %. Cette amélioration avait été associée aux mesures d’assainissement du portefeuille et au renforcement du recouvrement. Le rebond enregistré au premier semestre 2026 intervient donc après une année 2025 particulièrement favorable sur ce front. Pour les observateurs du secteur financier, l’enjeu ne consiste pas nécessairement à considérer cette hausse comme le signe d’une crise, mais plutôt à déterminer si elle constitue un épisode ponctuel de provisionnement ou le début d’une détérioration plus durable du portefeuille.

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