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Transparence budgétaire : Seuls 16 pays africains passent le test américain

Le dernier rapport du Département d’État américain sur la transparence budgétaire révèle de fortes disparités sur le continent. Sur 52 pays africains examinés au titre de l’exercice 2025, seuls 16 satisfont aux exigences minimales de Washington. Neuf autres enregistrent des progrès significatifs, dont le Cameroun. Pour les économistes, cette évaluation met surtout en lumière l’importance de la qualité de l’information financière dans l’accès aux financements extérieurs.

Le continent africain reste confronté à un paradoxe : ses besoins de financement augmentent alors que plusieurs gouvernements disposent de marges budgétaires limitées. Dans ce contexte, la transparence des finances publiques devient un enjeu aussi important que la capacité à mobiliser des recettes. C’est l’un des principaux enseignements du Fiscal Transparency Report 2026, publié le 11 août par le Département d’État américain. Le document passe au crible les pratiques budgétaires de 139 pays et de l’Autorité palestinienne sur la période allant de janvier à décembre 2025.

Sur le continent, le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie, Maurice, le Maroc, la Namibie, le Rwanda, les Seychelles, l’Afrique du Sud, la Tunisie et l’Ouganda répondent aux standards minimaux établis par les États-Unis. Le Cameroun figure, pour sa part, parmi les neuf pays considérés comme ayant réalisé des avancées significatives, aux côtés notamment du Tchad, de la Centrafrique, de l’Éthiopie, du Liberia, de la Libye, du Niger et du Sénégal. À l’inverse, 27 pays africains demeurent dans une situation de progrès limité ou de stagnation. Cette catégorie comprend notamment l’Algérie, la République démocratique du Congo, l’Égypte, le Mali, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe.

Le dispositif américain ne se limite pas à vérifier si un État publie son budget. Il examine également l’accessibilité et la fiabilité des informations relatives aux dépenses publiques, aux recettes, à la dette souveraine, aux marchés publics ainsi qu’aux contrats liés aux ressources naturelles. Pour les économistes, cette exigence répond à une logique simple : plus l’information budgétaire est accessible et détaillée, plus les citoyens, les investisseurs et les bailleurs peuvent apprécier la solidité de la gestion publique. Dans un environnement marqué par l’endettement croissant et la hausse des besoins d’investissement, la transparence constitue ainsi un élément de crédibilité financière. Elle peut faciliter le dialogue avec les partenaires au développement, réduire les zones d’incertitude pour les investisseurs et renforcer la capacité d’un État à défendre ses choix budgétaires.

Le classement américain ne constitue toutefois ni un palmarès de la gouvernance ni une mesure de la corruption. Washington précise qu’un pays respectant ses critères de transparence n’est pas automatiquement exempt de pratiques corruptives. À l’inverse, une transparence insuffisante ne permet pas, à elle seule, de conclure à un niveau élevé de corruption. L’enjeu est surtout celui de la traçabilité de l’argent public. Pour les économies africaines qui recherchent simultanément des financements concessionnels, des investissements privés et des partenariats internationaux, l’amélioration des systèmes d’information budgétaire apparaît donc comme un levier de confiance.

Pour le Cameroun, classé parmi les pays affichant des progrès significatifs, le défi consiste désormais à transformer cette dynamique en amélioration durable. Dans un contexte de pression sur les finances publiques, la transparence ne relève plus seulement d’une exigence administrative : elle devient progressivement une composante de la stratégie de financement et de crédibilité économique.

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